Amnesty accuse le Tchad de détenir au secret un militant des droits humains

Le président d’une ONG tchadienne de défense des droits humains a été arrêté à N’Djamena et est “détenu au secret” par les services de renseignements depuis trois semaines, a affirmé Amnesty International, vendredi 14 février, estimant que l’homme était “en danger”.

Image diffusée sur les réseaux sociaux

Baradine Berdeï Targuio est “poursuivi dans le cadre d’une enquête pour cybercriminalité”, a assuré pour sa part le ministre de la Justice Djimet Arabi. Selon Amnesty, il a été arrêté deux jours après avoir affirmé sur sa page Facebook que le président tchadien Idriss Déby Itno “serait gravement malade et hospitalisé en France”.

Arrêté “par des hommes armés et masqués”

M. Berdeï Targuio, président de l’Organisation tchadienne des droits humains (OTDH), “a été arrêté devant son épouse et ses enfants, chez lui à N’Djamena, par des hommes armés et masqués le 24 janvier”, écrit l’organisation internationale.

“Il aurait été conduit à l’Agence nationale de sécurité (ANS)”, le service du renseignement intérieur et extérieur, “et sa famille ne l’a pas vu depuis”, poursuit Amnesty dans un communiqué intitulé “un défenseur des droits humains détenu au secret”.

“Plusieurs personnes ont déjà été soumises à des actes de torture et d’autres mauvais traitements pendant leur détention à l’ANS et Amnesty International pense donc que Baradine Berdeï Targuio pourrait être en danger”, lit-on encore dans cet “appel à une action urgente”.

“Nous sommes dans un Etat de droit où toute personne qui commet une infraction doit répondre de ses actes”, a rétorqué le ministre de la Justice, ajoutant que l’intéressé “passera devant une juridiction qui se penchera sur son sort”.

“Contrairement à ce que pensent les organisations des droits de l’homme, les personnes arrêtées ne sont jamais torturées” au Tchad, a assuré M. Arabi.

M. Berdeï Targuio est un militant connu des droits de l’homme au Tchad et l’OTDH a été créée en 2006. Il est régulièrement critique à l’égard du chef de l’Etat et du régime sur les réseaux sociaux notamment.

Le 22 janvier, M. Déby, 67 ans et au pouvoir depuis 30 ans, est rentré au Tchad après neuf jours passés en France et de nombreuses rumeurs relayées sur les réseaux sociaux et certains médias sur son état de santé.

Depuis, le chef de l’Etat apparaît régulièrement à la télévision nationale lorsqu’il reçoit des diplomates et des représentants d’organisations internationales. Il a également assisté au sommet de l’Union africaine (UA) à Addis Abeba en début de semaine. (AFP)

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