“Augmentation drastique des besoins humanitaires” au Cameroun

L’ONU a présenté jeudi 24 janvier un plan d’action humanitaire de 299 millions de dollars pour venir en aide à 2,3 millions de personnes vulnérables au Cameroun, a-t-elle indiqué dans un communiqué.

Des Centrafricains dans le camp de réfugiés de Timangolo au Cameroun (Photo : HCR)

La crise dans les régions anglophones où des séparatistes combattent l’armée depuis fin 2017, ainsi que le conflit contre le groupe djihadiste Boko Haram dans le nord du pays et l’arrivée de nouveaux réfugiés centrafricains et nigérians, ont causé une “augmentation drastique des besoins humanitaires”, de l’ordre de 31%, a alerté l’ONU.

“Aujourd’hui, le Cameroun ne peut plus être une crise oubliée. Il doit, plus que jamais, être notre priorité”, a martelé Allegra Baiocchi, coordonnatrice humanitaire de l’ONU pour le Cameroun.

L’ONU a estimé à environ 4,3 millions le nombre de personnes ayant besoin d’une “assistance vitale” au Cameroun, “soit une personne sur six, en majorité des femmes et des enfants”.

“Nous reconnaissons l’ampleur des différentes crises auxquelles nous sommes confrontés et nous encourageons tous les acteurs à travailler en partenariat étroit”, a déclaré de son côté Yap Mariatou, directrice de la protection civile camerounaise.

« Sous-financement »

“Les besoins humanitaires vont probablement augmenter dans les années à venir”, estime Mme Baiocchi qui s’inquiète d’un sous-financement face à ces besoins.

En 2018, le plan d’intervention pour le Cameroun s’élevait à 320 millions de dollars, mais n’a été financé qu’à hauteur de 40%.

“Le sous-financement signifie que nous ne pouvons pas faire tout ce qui est en notre pouvoir pour faire une différence dans la vie des personnes les plus vulnérables au Cameroun, que ce soit la fille qui manque l’école à cause de la violence, la mère déplacée qui lutte pour nourrir ses enfants ou le père qui a perdu toute sa famille”, a conclu la coordonnatrice humanitaire.

Selon l’ONU, 437.000 personnes ont été déplacées par le conflit dans les régions anglophones, et plus de 32.000 autres ont fui au Nigeria voisin. (Le JD avec agences)