Burkina : Incidents à Ouagadougou lors d’une manifestation contre l’insécurité

Des incidents ont éclaté samedi à Ouagadougou entre les forces de l’ordre et des manifestants qui ont bravé l’interdiction de se rassembler pour protester contre l’insécurité au Burkina Faso en proie à la violence jihadiste.

Les policiers anti-émeutes ont dispersé les manifestants à l’aide de gaz lacrymogène, puis des courses poursuites se sont engagées dans les rues du centre-ville de la capitale burkinabè où l’on pouvait également voir des jeunes circulant à moto harcelant les policiers.

Des barricades de fortune faites de planches en bois, de pierres et de pneus enflammés, ont été dressées en plusieurs endroits.

“Le pouvoir est aux abois”

Un journaliste d’une chaîne de télévision privée a été blessé au bras gauche après avoir reçu un projectile, et évacué vers un hôpital de Ouagadougou, a indiqué un membre de la Croix-Rouge.

Une dizaine de personnes ont été interpellées, selon des sources sécuritaires.

“Le pouvoir est aux abois”, a affirmé un manifestant. “Il refuse de comprendre la douleur des populations qui font face chaque jour à des attaques qui endeuillent les familles” et “au lieu d’encadrer cette marche et d’entendre notre cri de coeur, voilà que ce sont des gaz qu’on nous jette”.

Des manifestations ou tentatives de regroupements ont également eu lieu dans plusieurs autres villes du pays.

A Kaya, chef-lieu de la région du Centre nord, qui accueille le plus grand nombre de déplacés internes fuyant les violences jihadistes, les manifestants ont saccagé le siège du parti au pouvoir, le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), selon des habitants.

“Incapacité” du pouvoir

La manifestation contre “l’incapacité” du pouvoir à empêcher les attaques jihadistes, à l’appel du mouvement Sauvons le Burkina, avait été interdite pour des “raisons de sécurité” par la mairie de Ouagadougou.

Sauvons le Burkina avait été à l’origine, le 27 novembre dernier, d’une précédente manifestation également interdite, qui avait fait une dizaine de blessés dans des heurts entre manifestants et forces de l’ordre.

La mairie a également interdit samedi un autre rassemblement de soutien au Mali, visé par des sanctions renforcées par ses voisins ouest-africains.

Le Burkina Faso est pris depuis 2015 dans une spirale de violences attribuées à des groupes armés jihadistes, affiliés à Al-Qaïda et au groupe Etat islamique. Les attaques qui visent civils et militaires sont de plus en plus fréquentes et en grande majorité concentrées dans le nord et l’est du pays.

(AFP)

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