Burundi : 38 morts et 69 blessés dans l’incendie d’une prison de la capitale

Trente-huit personnes ont été tuées et 69 grièvement blessées dans un incendie qui a ravagé mardi 6 décembre la prison centrale de Gitega, la capitale du Burundi, a annoncé à la presse le vice-président Prosper Bazombanza, qui s’est rendu sur place.

“Sur les 1.500 prisonniers, nous déplorons 38 morts, dont 12 asphyxiés et
26 morts par brûlures profondes”, a détaillé M. Bazombanza.

Plusieurs témoins ont indiqué que le feu avait totalement calciné
certaines parties de cette prison surpeuplée, qui abritait 1.539 détenus (pour
400 places) fin novembre, d’après les chiffres de l’administration pénitentiaire.

Selon ces témoins, qui ont décrit d’“immenses flammes”, le feu s’est
déclaré vers 4h, surprenant les détenus dans leur sommeil.

“Nous nous sommes mis à crier que nous allions être brûlés vifs lorsque
nous avons vu les flammes qui montaient très haut, mais les policiers ont
refusé d’ouvrir les portes de notre quartier en disant ‘ce sont les ordres que
nous avons reçus’”, a raconté un détenu, joint par téléphone.

“Je ne sais pas comment j’en ai réchappé, mais il y a des prisonniers qui
ont été brûlés totalement”, a-t-il affirmé.

Court-circuit

Selon une source policière, les secours ont tardé à se rendre sur place.
Un premier camion de pompiers est arrivé deux heures après le début du feu,
avant d’être rejoint par six autres venus de provinces proches, a-t-elle
précisé.

L’incendie a été causé par un “court-circuit”, a rapporté sur Twitter le
ministère de l’Intérieur, du Développement communautaire et de la Sécurité
publique.

Le vice-président Bazombanza a de son côté évoqué « les petits bricolages,
les raccordements anarchiques » faits par les prisonniers pour « avoir une
petite prise pour charger un téléphone, une petite ampoule pour l’éclairage »
et qui ont causé des « dégâts énormes ».

Le 21 août, un incendie avait touché un secteur de la prison centrale, sans
faire de victimes. Le ministère de l’Intérieur avait affirmé que ce sinistre
était également dû à un court-circuit.

Construite en 1926, la prison centrale de la capitale politique burundaise
Gitega, dans le centre du pays, est la troisième plus grande du Burundi après
celle de Mpimba, située dans la capitale économique Bujumbura, et celle de
Rumonge.

Les prisonniers y dénoncent régulièrement leurs conditions de détention,
manquant de place et de nourriture.

Prisons surpeuplées

“Parfois, nous passons jusqu’à trois jours sans être ravitaillés par la
prison, et nos familles ne peuvent pas nous aider car depuis juin 2020, nous
n’avons plus droit aux visites sous prétexte de nous protéger du Covid-19”, a
raconté l’un d’eux.

L’ONG ACAT-Burundi a confirmé cette situation et souligné qu’elle était
répandue dans les onze maisons d’arrêt du pays.

La surpopulation carcérale est un problème majeur au Burundi.

Au 26 novembre, on comptait 12.878 détenus pour une capacité 4.294 places,
selon l’administration pénitentiaire burundaise, malgré l’annonce d’une grâce
présidentielle début mars de 5.200 détenus afin de désengorger les prisons.

Les premières remises en liberté ont eu lieu en avril.

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