Burundi : La BBC de nouveau autorisée à émettre

Le régulateur burundais des médias a annoncé mercredi la “réouverture” de la radio britannique BBC, qui n’était plus autorisée à diffuser dans le pays depuis mai 2018.

Le Conseil national de la communication (CNC) avait suspendu la diffusion
le 4 mai 2018 de la BBC et de la radio américaine VOA pour “manquements à la
loi régissant la presse et à la déontologie”. L’instance avait ensuite retiré
en mars 2019 son autorisation d’exploitation à la BBC.

VOA n’a, elle, pas vu sa suspension levée depuis lors.

“Nous sommes arrivés à la décision de rouvrir la radio BBC à partir
d’aujourd’hui”, a annoncé la présidente du CNC, Vestine Mbundagu, dans une
déclaration en français à la presse.

“Fautes professionnelles”

“Le CNC avait suspendu la radio BBC pour des fautes professionnelles, puis
(…) son Excellence le président de la République (Evariste Ndayihsimiye) a
recommandé que le CNC puisse s’asseoir avec les médias sous sanctions afin
qu’il puisse régler les problèmes définitivement”, a-t-elle expliqué.

Le CNC avait retiré l’autorisation d’exploitation de la BBC en 2019 en
estimant que la station n’avait “pas respecté sa promesse de respecter (…)
les principes d’équilibre de l’information et de vérification rigoureuse des
sources” et ensuite “diffusé un documentaire qui s’est avéré être un montage
mensonger, calomnieux et accablant pour le Burundi”.

L’institution faisait référence au documentaire “A l’intérieur d’un site de
torture au Burundi”, diffusé par la BBC en décembre 2018 évoquant des “sites
secrets de torture et de détention pour faire taire les opposants” – ce qui
avait été catégoriquement démenti par le pouvoir dirigé par Pierre Nukurunziza.

Le chef de l’Etat est décédé subitement en juin 2020.

Levée des sanctions européennes et américaines

Son successeur, Evariste Ndayishimiye, avait appelé en janvier 2021 le CNC
à “régler ses différends” avec les organes de presse sanctionnés à la suite de
la crise née en avril 2015 de la décision de Pierre Nkurunziza de briguer un
troisième mandat contesté. Cette crise politique a fait au moins 1.200 morts
et plus de 340.000 réfugiés.

Saluant des “progrès” dans la situation politique du pays, l’UE et les
Etats-Unis ont annoncé dernièrement lever les sanctions financières qu’ils
avaient prises en 2016.

De nombreuses ONG et groupes de la société civile ont dénoncé ces
décisions, estimant que la situation n’avait guère changé.

Le Burundi est classé à la 147e place sur 180 dans le classement de
Reporters sans frontières (RSF) sur la liberté de la presse.

(AFP)

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