Burundi : Un dur du régime, Alain-Guillaume Bunyoni, devient Premier ministre

L’Assemblée nationale burundaise a approuvé mardi 23 juin la nomination par le président Evariste Ndayishimiye d’Alain-Guillaume Bunyoni, l’un des durs du régime, comme Premier ministre, en l’absence des députés du principal parti d’opposition qui ont boycotté la séance.

“Le Commissaire de police général Alain-Guillaume Bunyoni a été approuvé par 92 voix pour et 2 contre sur les 94 députés votants”, a annoncé le président de l’Assemblée nationale, Pascal Nyabenda, à l’issue du vote.

Le poste de Premier ministre est nouveau. Il a été créé à la faveur de la nouvelle Constitution adoptée en 2018. Le président burundais était jusque-là secondé par deux vice-présidents, l’un en charge des affaires politiques et militaires, l’autre des affaires économiques et sociales.

“Un très mauvais signal”

Plus haut gradé de la police burundaise, le commissaire de police général Bunyoni était déjà considéré comme le véritable numéro deux du régime depuis la crise politique de 2015 et le chef de file des durs parmi le groupe de généraux qui contrôlent le pouvoir burundais.

Le nouveau chef du gouvernement est considéré par l’ONU et les ONG de défense des droits de l’homme comme l’un des principaux acteurs de la machine répressive du pouvoir.

“Bunyoni a les mains sales, mais il a une réputation d’efficacité et d’autorité”, a analysé un diplomate africain ayant requis l’anonymat. “C’est un choix très habile pour le président Ndayishimiye, qui doit consolider son assise et qui répond à des soucis d’équilibre interne au sein de la junte militaire qui contrôle le pays”.

La nomination de M. Bunyoni est “un très mauvais signal” et signifie “une plus grande emprise des généraux sur le pouvoir, un renforcement de l’impunité des crimes et un défi à la communauté internationale”, a estimé l’une des figures de la société civile en exil, Pacifique Nininahazwe.

M. Bunyoni, qui était jusque-là ministre de la Sécurité publique, fait l’objet de “sanctions des Etats-Unis depuis 2015 pour son rôle dans la répression sanglante en cours dans le pays”, a-t-il rappelé. (AFP)

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