Centrafrique : Les groupes armés encouragent les violences sectaires

Le centre d’analyses américain Enough Project a accusé les groupes armés en Centrafrique d’encourager les “violences sectaires” pour “diviser et inciter à la guerre”.

Ces groupes jouent “sur un sentiment de solidarité ethnique ou religieuse” pour “mobiliser de jeunes combattants et des financements”, écrit l’organisation dans un rapport publié mardi 6 novembre.
Des appels à la haine envers certaines communautés, ethniques ou religieuses, sont régulièrement lancés en Centrafrique par différents acteurs de la crise.
Entre avril et mai 2018, l’ONU en Centrafrique (Minusca, 13.0000 Casques bleus) a recensé 39 articles publiés dans 11 journaux nationaux qui incitaient à la discrimination et à la violence.
Dans un Etat où les autorités n’ont qu’une assise limitée, la quasi-totalité du territoire vit sous la coupe de ces groupes armés qui combattent quotidiennement pour le contrôle d’une influence politique et des ressources.

“Les premiers pourvoyeurs d’emplois pour une jeunesse désoeuvrée”

“En l’absence d’état de droit, les populations traquées se tournent alors vers des ‘protecteurs’ (qui) recherchent, eux, une assise populaire pour légitimer leurs crimes”, estime l’organisation.
Selon Enough Project, les groupes armés sont “les premiers pourvoyeurs d’emplois pour une jeunesse désoeuvrée” dans les zones rurales et disposent de soutiens de “réseaux d’acteurs nationaux, régionaux et internationaux”.
Leur “prolifération” reflète, d’après Enough Project, “l’enracinement et la professionnalisation d’un secteur d’activités en plein essor, celui de l’entrepreneuriat politico-criminel”.
Dans le contexte géopolitique régional, dans lequel de larges territoires sont sous la coupe de milices armées, la crise centrafricaine a permis “des débouchés pour les mercenaires originaires des pays voisins, en particulier du Tchad et du Soudan”, poursuit l’organisation.
Ces groupes armés, qui enterinent des alliances “souvent éphémères et opportunistes” au gré de l’évolution de la crise, seraient dix-huit à opérer sur le territoire centrafricain, selon Enough Project qui les a recensés en octobre.
Parmi ceux-là, huit sont liés ou affiliés à l’ex-Séléka, coalition à dominante musulmane qui avait marché sur Bangui en 2013. (AFP)