Coronavirus au Tchad: au moins deux détenus tués dans une mutinerie

Deux détenus ont été tués au cours d’une mutinerie vendredi 20 mars à la maison d’arrêt de N’Djamena, qui a éclaté notamment après la suppression des parloirs pour empêcher la propagation du coronavirus dans les prisons surpeuplées du Tchad.

“Il y a eu une tentative d’évasion d’une vingtaine de prisonniers à la suite du transfert d’un Egyptien à la maison d’arrêt de N’Djamena qui a créé la panique au sein des détenus”, mais aussi le soulèvement de certains “après la décision de suspendre les visites familiales pour empêcher la propagation du virus”, a indiqué le ministre de la Justice, Djimet Arabi.

L’Egypte est l’un des pays du continent les plus touchés par le virus.

“Deux prisonniers ont été tués par balle réelle parce qu’ils tentaient de s’évader”, a-t-il ajouté, précisant que “quatre avaient été blessés et quatre s’étaient évadés”.

La crainte d’une “contamination générale”

“Cinq détenus ont été tués par des forces de l’ordre”, a affirmé de son côté le secrétaire général de la Convention tchadienne de défense des droits de l’Homme, Mahamat Nour Ahmed Ibedou. En outre, “une trentaine s’est évadée”, poursuit le responsable de cette ONG, qui demande l’ouverture d’une enquête indépendante.

Le Tchad a enregistré jeudi 19 mars son premier cas de Covid-19, “un passager de nationalité marocaine en provenance de Douala”, a rapporté le secrétaire général à la présidence, Kalzeubé Payimi Deubet.

Le pays a décidé peu après la suspension des cours dans tous les établissements d’enseignement primaire, secondaire et supérieur, ainsi que la fermeture des cabarets, bars, casinos, centres de jeux et restaurants.

Il a aussi ordonné la fermeture des églises, mosquées et autres lieux de culte sur toute l’étendue du territoire.

Avant même l’annonce officielle du premier cas, le Tchad avait pris des mesures drastiques, notamment la fermeture des aéroports et la restriction des visites dans les prisons, souvent surpeuplées et où “l’on craint une contamination générale”, a précisé le ministre.

Dans cette maison d’arrêt, on dénombre “plus de 2.000 prisonniers”, explique-t-il, pour une capacité “d’environ 500 détenus”.

Plus largement au Tchad, la propagation du virus est particulièrement redoutée alors que le pays manque cruellement de structures hospitalières, de matériel et de personnels soignants. (Agences)

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