Coronavirus : La Chine de plus en plus isolée

La Chine est chaque jour plus isolée par la crise du nouveau coronavirus qui a fait plus de 300 morts sur 14.000 malades. Les habitants y sont confinés. Les étrangers qui y vivaient fuient le pays, leurs entreprises ferment leurs portes et les Chinois ne sont plus les bienvenus dans un nombre grandissant de pays.

Une zone commerciale de Wuhan (Xinhua)

Depuis samedi 1er février, tous les Chinois doivent obtenir un visa pour faire du tourisme en Russie, alors que ceux voyageant en groupes en étaient exemptés depuis 2000, et plus aucun visa de travail ne leur sera accordé, a annoncé le gouvernement russe.

Les Etats-Unis ont de leur côté interdit l’entrée sur leur territoire aux étrangers s’étant rendus en Chine dans les 14 derniers jours. Et une quarantaine allant jusqu’à 14 jours est imposée aux Américains ayant été au cours des deux semaines précédentes dans la province du Hubei.

“Des mesures excessives”

Quant à l’Australie, elle n’accepte plus sur son sol les non-résidents arrivant de Chine, après que des dispositions similaires eurent été notamment prises par l’Italie, Singapour, Israël ou la Mongolie.

Pékin a critiqué ces décisions. “Il n’est pas nécessaire de paniquer inutilement, ni de prendre des mesures excessives”, a estimé l’ambassadeur de Chine à Genève, Xu Chen, assurant que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) faisait “pleinement confiance à la Chine”.

Avant même les dernières annonces américaines, le régime communiste s’en était déjà pris aux Etats-Unis, qui avaient recommandé à leurs ressortissants de ne pas se rendre en Chine ou de quitter ce pays s’ils s’y trouvaient.

Près de 150 infections ont été signalées dans plus de 20 pays, de l’Asie et du Pacifique à l’Europe et l’Amérique du Nord.

Autorisation de sortir un jour sur deux

La ville de Wuhan, d’où est partie l’épidémie en décembre, est une métropole placée de facto en quarantaine depuis le 23 janvier. Cette ville et sa région, soit quelque 56 millions d’habitants, sont coupées du monde par un cordon sanitaire.

Les hôpitaux de Wuhan, où a été recensée la très grande majorité des cas en Chine, sont débordés. Un nouvel établissement qui comprendra mille lits, construit en quelques jours, doit prochainement accueillir ses premiers patients.

Ailleurs en Chine, la peur du virus s’est emparée de la population qui préfère rester chez elle, cependant que le port du masque se généralise.

Faute de clients, la plupart des commerces restent clos. Dans ce contexte, et par “précaution” face à l’épidémie, le géant informatique américain Apple, à son tour, a annoncé qu’il fermait tous ses magasins en Chine continentale jusqu’au 9 février.

Samedi, les autorités du Hubei ont prolongé les vacances du Nouvel An lunaire jusqu’au 13 février et annoncé la suspension de l’enregistrement des mariages par les agents de l’état-civil, afin de décourager les rassemblements.

La ville de Huanggang, en banlieue de Wuhan, a déclaré qu’un seul membre de chaque foyer serait désormais autorisé à quitter son logement, une fois tous les deux jours, afin de sortir acheter des produits de première nécessité.
La même disposition a été prise à Wenzhou (est) où vivent plus de 9 millions de personnes.

Evacuations

Dans un contexte de forte inquiétude à l’étranger, les évacuations d’étrangers se poursuivent.
La France, l’Inde, le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Pologne, le Canada, l’Espagne, le Maroc, le Japon et l’Italie ont envoyé des avions sur place ou ont prévu de le faire.

L’OMS, qui a déclaré jeudi que l’épidémie était “une urgence de santé publique de portée internationale”, a cependant averti que les restrictions à la circulation des personnes et des biens pourraient s’avérer “inefficaces”, perturber la distribution de l’aide et plomber l’économie des pays touchés.

La banque centrale chinoise a d’ailleurs annoncé dimanche qu’elle allait injecter 1.200 milliards de yuans (156 milliards d’euros) afin de soutenir une économie mise à mal par l’épidémie.

La banque a déjà annoncé une série de mesures en faveur du crédit aux entreprises qui contribuent à lutter contre l’épidémie de coronavirus.

L’OMS a désormais le droit d’interroger les pays sur les restrictions aux voyages qu’ils vont imposer ou ont déjà imposé, a expliqué le président du comité d’urgence, Didier Houssin, donnant en exemple “les visas refusés, la fermeture des frontières, la mise en quarantaine de voyageurs qui sont en bonnes conditions”. (Le JD avec agences)

TAGS