Côte d’Ivoire : “Graves menaces sur la paix”

Le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), organisme public de Côte d’Ivoire, s’est inquiété de “graves menaces sur la paix sociale” à l’approche de l’élection présidentielle fin octobre et a appelé à un “dialogue inclusif”.

Des supporters d’Alassane Ouattara, le 22 août à Abidjan (Photo : Xinhua)

Précisant avoir rencontré ces derniers jours les responsables des principaux partis d’opposition ainsi que du parti au pouvoir, le CNDH a exprimé jeudi 24 septembre sa “vive préoccupation” face à une situation socio-politique “qui crée assurément les conditions de graves violations des droits de l’Homme et fait peser de graves menaces sur la paix sociale” en Côte d’Ivoire.

“Dialogue pressant et inclusif”

Alors que de nombreux militants d’opposition et d’ONG ont été arrêtés ces derniers mois, le CNDH, qui est un organe consultatif pour le gouvernement, demande des “mesures pour garantir (…) l’exercice des libertés publiques par l’ensemble des forces politiques de la Nation” et appelle à “l’ouverture d’un dialogue pressant et inclusif” pour “trouver des solutions consensuelles durables”.

Le CNDH demande aussi “l’ouverture d’enquêtes sur les allégations de violences constitutives de violations des droits de l’Homme”.

La crainte de violences meurtrières est forte dans le pays, dix ans après la crise post-électorale née de la présidentielle de 2010 qui avait fait 3.000 morts.

Des violences, dans le sillage de l’annonce de la candidature du président Alassane Ouattara à un troisième mandat controversé, ont fait une quinzaine de morts en août dans le pays.

Dimanche 20 septembre, l’ex-président ivoirien Henri Konan Bédié, candidat au scrutin présidentiel, a appelé à la “désobéissance civile”.

Arrestations

Une figure de la société civile ivoirienne, Pulcherie Gbalet, qui avait appelé en août à des manifestations contre un troisième mandat du président Ouattara, est incarcérée depuis un mois.

Justin Koua, président de la jeunesse de l’opposition FPI-pro Gbagbo a été arrêté il y a une semaine sur son lieu de travail à Korhogo (nord) et transféré quelques jours après dans une prison à Bouaké (centre), a déploré son parti.

Mercredi, une dizaine de proches de l’ancien chef rebelle et ex-Premier ministre Guillaume Soro, dont la candidature à la présidentielle du 31 octobre n’a pas été retenue par le Conseil constitutionnel, ont été libérés après neuf mois de prison.

Seules quatre des 44 candidatures déposées ont été retenues par le Conseil: celles du président Ouattara et de trois opposants, dont l’ex-président Bédié (1993-1999).

Elu en 2010, réélu en 2015, M. Ouattara avait annoncé en mars qu’il renonçait à briguer un troisième mandat, avant de changer d’avis en août, après le décès de son dauphin désigné, le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly.

La loi ivoirienne prévoit un maximum de deux mandats mais le Conseil constitutionnel a estimé qu’avec la nouvelle Constitution de 2016, le compteur des mandats de M. Ouattara a été remis à zéro, ce que conteste farouchement l’opposition. (D’après AFP)

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