Côte d’Ivoire : ICG conseille un report de la présidentielle

International crisis group (ICG) préconise un report de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire, prévue le 31 octobre, pour établir un “large dialogue” et éviter des violences.

Alassane Ouattara lors du deuxième tour de la présidentielle, en octobre 2010 (Photo : ONU)

Alors que des violences pré-électorales ont déjà fait une quinzaine de
morts en août, “un court report de l’élection offrirait une chance de sortir
de la confrontation actuelle à travers un dialogue et d’apurer le contentieux
qui rend improbable l’organisation d’une élection apaisée et transparente le
31 octobre”, estime ICG dans un rapport diffusé mardi 29 septembre.

“La probabilité que cette élection accouche, en l’état, d’une crise grave,
est élevée”, met en garde l’organisation, dix ans après la crise
post-électorale de 2010-11 qui avait fait 3.000 morts dans le pays.

La situation politique est tendue à la suite de l’annonce par le président
Ouattara de sa candidature à un troisième mandat controversé, tandis que
plusieurs chefs de file de l’opposition, tels Guillaume Soro et Laurent
Gbagbo, ont vu leurs candidatures rejetées par le Conseil constitutionnel.

Le risque d’un “président mal élu”

Parmi les sujets à discuter, ICG cite “la composition de la Commission
électorale indépendante (CEI), la révision du fichier électoral, les modalités
d’un retour des exilés politiques et le sort de certains de leurs partisans,
toujours emprisonnés”.

L’ONG invite l’opposition à faire des “concessions réalistes”, comme “un
rééquilibrage de la CEI”, plutôt qu’une “dissolution pure et simple”, et le
pouvoir à autoriser “le retour en Côte d’Ivoire de Guillaume Soro et de
Laurent Gbagbo (…), un geste capable d’apaiser le lourd climat actuel”.

“Si rien ne change et que le scrutin se tient malgré tout dans les
conditions de défiance actuelles, le vainqueur souffrira presque
inévitablement d’un déficit de légitimité (…). Il sera, dans tous les cas,
un président mal élu” et “héritera d’un pays extrêmement difficile à
gouverner”, prévient ICG.

ICG plaide enfin pour le “transfert du pouvoir à une nouvelle génération”,
afin de “clore l’interminable crise ivoirienne”, alors qu’Alassane Ouattara,
78 ans, l’ex-président Henri Konan Bédié, 86 ans, candidat du Parti
démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), et Laurent Gabgbo, 75 ans, s’opposent
depuis trois décennies. (AFP)

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