Côte d’Ivoire : L’opposition exige des “actes d’apaisement” du pouvoir avant tout dialogue

Les deux principaux partis de l’opposition ont exigé vendredi 13 novembre dans une déclaration commune des “actes d’apaisement” du pouvoir avant tout dialogue politique, au surlendemain de la rencontre entre le président Alassane Ouattara et l’ex-président Henri Konan Bédié qui a fait retomber la tension en Côte d’Ivoire.

“Avant l’entame des discussions”, “il est indispensable de ramener la
sérénité et la confiance entre tous les acteurs” par des “actes d’apaisement”
incluant la fin des poursuites judiciaires contre tous les leaders de
l’opposition, déclarent le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) et le
Front Populaire ivoirien (FPI).

Le PDCI, dirigé par M. Bédié, et le FPI, fondé par l’ex-président Laurent
Gbagbo, demandent “la fin de toutes les poursuites judiciaires contre les
responsables et militants de l’opposition et de la société civile”, “la levée
du blocus autour des résidences de tous les leaders des partis politiques de
l’opposition”, “la libération de tous les prisonniers politiques” ainsi que
“le retour des exilés”, selon cette déclaration.

Parmi les exilés sont cités Laurent Gbagbo, l’ex-chef de la rébellion et
ex-premier ministre Guillaume Soro, et l’ex-chef des Jeunes patriotes
(mouvement pro-Gbagbo) Charles Blé Goudé.

Facilitateur

Les deux partis demandent aussi que les pourparlers avec le pouvoir du
président Alassane Ouattara “soient menés sous l’égide d’un facilitateur”.

La justice ivoirienne a lancé des poursuites pour “complot contre la
sécurité de l’Etat” contre plusieurs leaders de l’opposition, les accusant
d’être responsables de violences meurtrières dans le cadre de leur campagne de
“désobéissance civile” contre l’élection présidentielle qu’ils ont boycottée,
et d’avoir voulu installer un régime de “transition” présidé par M. Bédié.

Une rencontre mercredi entre MM. Ouattara et Bédié, qui ont dit avoir “brisé
la glace”, a fait retomber la tension née de l’élection présidentielle, qui a
entraîné des violences ayant fait 85 morts et près de 500 blessés depuis le
mois d’août.

L’opposition conteste la réélection de M. Ouattara pour un troisième
mandat, qu’elle juge inconstitutionnel.

Charles Blé Goudé a par ailleurs fait savoir dans un communiqué qu’il avait
adressé par téléphone à M. Bédié ses “félicitations pour son engagement à
ramener la paix” en Côte d’Ivoire.

MM. Gbagbo et Blé Goudé ont été acquittés en première instance de crimes
contre l’humanité, lors de la crise post-électorale de 2010-11, par la Cour
pénale internationale, et attendent un éventuel appel, le premier à Bruxelles,
le second à La Haye. Le retour de M. Gbagbo est attendu avec ferveur par ses
partisans.

Guillaume Soro, qui a lancé depuis l’étranger un appel à l’insurrection
générale en Côte d’Ivoire après la réélection d’Alassane Ouattara, s’est vu
promettre par ce dernier “la prison à vie”.

La crainte d’une escalade des violences reste présente en Côte d’Ivoire,
dix ans après la crise post-électorale de 2010-11 qui avait fait 3.000 morts,
ainsi que 300.000 réfugiés et un million de déplacés internes en Côte
d’Ivoire, selon l’ONU. (AFP)

[/restrict]

TAGS