Côte d’Ivoire : Nombreux incidents en marge de la présidentielle

Des incidents ont été enregistrés samedi en marge de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire, boycottée par l’opposition.

“Le matériel électoral vient d’être brûlé à Brobo”, à une vingtaine de kilomètres de Bouaké (centre), deuxième ville du pays, a déclaré dans la matinée Aboudramane Ouattara, président régional de la commission électorale.

Des individus ont bloqué la principale route du pays entre Abidjan et le nord, menant au Mali et au Burkina Faso, près de Djebonoua (350 km au nord d’Abidjan), selon un habitant.

A Daoukro (centre-est), le fief du candidat Henri Konan Bédié, le matériel électoral n’est pas arrivé aux bureaux de vote et des barricades ont été érigées dans la ville et sur certaines voies y menant, ont constaté des journalistes de l’AFP.

A Bouadikro et Bongouanou (100 km nord d’Abidjan, fiefs du candidat Pascal Affi N’Guessan), les bureaux n’ont pas ouvert, selon des témoins des deux camps. Des barrages ont été dressés entre les villes et des jeunes prévenaient: “Pas de vote ici!”.

Dans le quartier de Blockhauss à Abidjan vers midi, plusieurs centaines de jeunes, qui ont empêché l’ouverture de bureaux de vote, affrontaient des policiers qui les aspergeaient de gaz lacrymogène, a constaté un journaliste l’AFP.

Des violences ont aussi eu lieu dans le quartier de Yopougon-Kouté, selon des habitants.

A Bonoua (est), un des points chauds de la campagne, du matériel électoral a été saccagé et des bureaux de vote sont restés fermés, selon le site d’information Alerte Info.

A Gboguhé (centre-ouest), “toutes les urnes ont été saccagées. Il y a eu ensuite des affrontements entre Dioula (ethnie du nord Pro-Ouattara) et Gueres (ethnie locale) qui ont fait un blessé”, a affirmé un ambulancier.

La Comission électorale indépendante (CEI) a jugé “insignifiants” ces incidents.

“Il y a des zones qui ont connu des troubles. Ce sont des troubles mineurs. Sur 22.381 bureaux de vote, nous avons à peine 30 ou 40 bureaux saccagés. C’est insignifiant”, a commenté le président de la CEI Ibrahime Kuibiert-Coulibaly.

Le président ivoirien Alassane Ouattara, qui brigue un troisième mandat controversé, a appelé dans la matinée les opposants à cesser la “désobéissance civile”.

Quelque 35.000 membres de forces de l’ordre ont été déployés pour assurer la sécurité des bureaux de vote.

Des milliers d’Ivoiriens ont quitté les grandes villes pour rentrer dans leurs villages. Beaucoup craignent une crise majeure, dix ans après la celle qui avait suivi la présidentielle de 2010, faisant 3.000 morts, à la suite du refus de Laurent Gbagbo, qui était au pouvoir depuis 2000, de reconnaître sa défaite face à M. Ouattara.

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