Côte d’Ivoire : Une ONG redoute une nouvelle crise électorale

L’ONG Alternative citoyenne ivoirienne (ACI) a estimé que les conditions n’étaient “pas réunies pour des élections apaisées” en Côte d’Ivoire, à trois mois de la présidentielle d’octobre, mettant en garde contre “une crise”.

“Les conditions ne sont pas réunies pour des élections apaisées, mais plutôt pour une crise électorale”, a déclaré à la presse Pulcherie Gbalet, présidente d’ACI, une organisation proche de l’opposition.

Mme Gbalet a estimé que la Commission électorale indépendante (CEI) et le Conseil constitutionnel étaient “deux organes illégaux et proches du pouvoir, alors qu’ils organisent et proclament les résultats des élections”.

La Cour africaine des droits de l’Homme (CADH), saisie par l’opposition ivoirienne, a jugé le 15 juillet que les commissions électorales locales en Côte d’Ivoire (qui dépendent de la CEI nationale) étaient déséquilibrées en faveur du parti au pouvoir, qui en préside une grande majorité.

Commission électorale, révision des listes

La crédibilité de la CEI est considérée comme cruciale en vue de la présidentielle de 2020 qui s’annonce tendue, dix ans après la crise post-électorale ivoirienne qui avait fait plus de 3.000 morts, après le refus du président Laurent Gbagbo d’admettre sa défaite face à l’actuel chef de l’Etat Alassane Ouattara.

La révision des listes électorales achevée le 5 juillet a été “un échec”, a aussi jugé Mme Gbalet. “La CEI a dit attendre six millions d’inscriptions, mais elle n’en a obtenu qu’un peu plus d’un million”, a affirmé la présidente d’ACI.

Aucun chiffre officiel n’a été encore divulgué par la CEI sur la révision des listes, les données étant en cours de traitement. Mais selon une source proche de la Commission, environ un million de nouveaux électeurs devraient s’ajouter aux 6,6 millions que comptaient les listes auparavant.

La CEI avait estimé que cinq millions d’Ivoiriens n’étaient pas inscrits, mais précisé que seulement 250.000 personnes s’enregistraient lors de chaque révision annuelle.

“Pour une présidentielle apaisée”, l’ONG demande une “reprogrammation de la révision de la liste électorale”, ainsi qu’une grâce présidentielle pour tous les leaders politiques “qui ont écopé de peines par contumace, tous les prisonniers politiques et militaires, et la facilitation du retour de tous les exilés politiques en Côte d’Ivoire”. (AFP)

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