Covid-19 en Afrique : Un couteau dans du beurre !

L’analyse de Patrick Develtere et Sylvain Shomba Kinyamba, professeurs de l’Université de Louvain (Belgique) et de Kinshasa (RD Congo)

Les nerfs à vif
Aujourd’hui, le coronavirus vient d’investir la quasi-totalité des pays du monde en semant partout la désolation et la mort ! Face à la percée fulgurante de cette pandémie, chacun se doit de réfléchir avec lucidité sur les risques que fait peser sur lui-même, sur ses proches et sur l’ensemble du monde ce mal qui plane sur l’humanité. Voilà pourquoi il nous semble très indiqué de sortir de notre bulle et de nous imaginer ce qui se passe ailleurs. Ne sommes-nous pas une société mondialisée? Dès lors, que représente le Covid-19 pour le soi-disant monde en développement? Est-ce un couteau dans du beurre?

D’entrée de jeu, un éditorial du journal Le Monde, du 31 mars 2020, lance cette sonnette d’alarme: « Alors que les pays développés sont tournés vers eux-mêmes, tout entiers mobilisés contre une pandémie dont ils se croyaient à l’abri, à l’heure des angoisses collectives et des plans de sauvetage financiers désespérés, l’Afrique risque, plus encore que d’habitude, de disparaître des écrans radars». Une telle prise de position souligne, d’un côté, l’incapacité des Etats du continent à se prendre en charge face à ce désastre inévitable et, de l’autre, l’attentisme qu’affichent les pays développés par rapport à leurs engagements dans l’aide au développement.

En effet, pour le monde en développement, le Covid-19 est loin d’être la première épidémie qui vient faucher ses populations. Se rappellera-t-on qu’ici, le début de ce siècle s’est ouvert avec une épidémie de choléra au Nigeria et en Afrique du Sud. Qu’on se rappelle aussi de cette pandémie de Corona, le syndrome respiratoire aigu sévère ou SRAS, qui a frappé non seulement la Chine et Singapour, mais aussi le Canada. C’était en 2002. A la fin février 2020, au Paraguay, les cas confirmés de dengue ont atteint un pic de près de 140.000 cas.

Aujourd’hui, il n’y a pas que le Covid-19 et la dengue qui sont les seules épidémies qui ravagent les pays du sud. Il y a le choléra en Haïti et au Yémen, la rougeole en République démocratique du Congo, la fièvre de Lassa au Nigeria alors que Ebola impose sa loi en Afrique de l’Ouest ainsi qu’en République démocratique du Congo.

Revenons maintenant au Covid-19, ce virus qui colonise l’ensemble du monde, car c’est plus de 200 pays qui signalent des cas de son envahissement dans leurs territoires respectifs. A ce sujet, l’hebdomadaire Jeune Afrique dispose d’une bonne infographie [1] à même de secourir tous ceux qui veulent suivre le développement de ce mal en Afrique.

Cependant, ainsi qu’on le dit en sciences sociales, l’absence de preuves ne constitue pas une preuve d’absence, il existe pour cela moult sous-déclarations. L’Afghanistan ne dispose à l’heure qu’il est que d’un hôpital à même de diagnostiquer la maladie. En RDC, un seul laboratoire à l’INRB Kinshasa est équipé pour cela. Quelles seront les conséquences pour ces pays avec un tel déséquilibre en outils technologiques de base?

Il est difficile de prévoir de quoi demain sera fait à cause de cette fâcheuse pandémie. Voilà pourquoi, sur base de ce que nous savons sur ce virus et au regard de ce que nous tirons comme expérience à partir des autres crises sanitaires, voyons ce que l’humanité peut envisager comme politiques sur le plan socio-économique et sanitaire pour voler au secours, notamment des populations africaines actuellement moins armées que les autres.

I. Artifices politiques
Sur le plan politique, nous ne sous-estimons pas ce qui se fait aujourd’hui, mais qu’on nous laisse dévoiler ce que les peuples attendent de leurs gouvernements par rapport à la survenue de cette catastrophe sanitaire. Si, dans de nombreux pays au monde, les gens n’avaient plus d’estime pour leurs gouvernements et ont souvent dénoncé pour la plupart des maux dans la société et dans l’économie, ils se tournent aujourd’hui vers les mêmes gouvernements en vue de trouver une solution rapide à cette crise sanitaire. Il en va de même pour les organisations internationales comme les Nations unies, l’Union africaine ou la Commission européenne. Tous les sondages récents ont attesté que les citoyens n’apprécient plus ces institutions pendant que les citoyens attendent qu’elles interviennent et qu’elles apportent des réponses rapides en vue d’empêcher le virus de se propager davantage.

Cette crise sanitaire risque d’avoir d’autres conséquences politiques, car on relève un semblant de statu quo démocratique pour l’instant. Il n’y aura pas assez de bouleversements au niveau des gouvernements à travers le monde et les Parlements seront stables pour que les enjeux électoraux prévus dans un proche avenir soient retardés. C’est dans ce cadre que les élections prévues au Burundi, au Malawi, en Ethiopie, au Sri Lanka, en Bolivie et au Suriname n’auront probablement pas lieu. Selon International IDEA, en mars 2020, déjà 30 pays au monde ont postposé plus de 12 élections nationales et 20 élections régionales ou locales prévues entre mars et mai. Ce qui avantage ceux qui sont au pouvoir, car ils vont s’y maintenir.

Comment peut-on justifier cela? En se rendant aux urnes, les électeurs pourraient se contaminer en dépit de la règle de la distanciation physique actuellement en vogue, abusivement dénommée distanciation sociale. [2]

Il en va de même pour l’interdiction des rassemblements de masse qui permet d’éviter la transmission du virus et qui par ricochet, empêche des manifestations de masse et les mouvements sociaux d’avoir lieu. [3]

II. Catastrophes socio-éducatives
La population dans la plupart des pays est convaincue que le virus a été introduit par les classes moyennes et par les élites qui ont voyagé en Chine ou en Europe, en tant qu’hommes et femmes d’affaires, touristes ou diplomates. En Afrique subsaharienne, cela confère à ce virus carrément un attribut ségrégationniste, maladie des riches. Oui, maladie des riches, soutient l’opinion publique de Kinshasa par exemple qui, s’appuie sur un taux de mortalité déconcertant [4] qui emporte les plus riches du monde, entendez les Américains, les Britanniques, les Italiens, les Français, les Espagnols, … ainsi que localement, le confinement singulier (isolement) de la commune de la Gombe par rapport aux 24 autres (40 décès sur les 50 enregistrés), à Kinshasa où seules les personnes nanties y résident. Ce qui irrite déjà d’autres couches de populations qui se considèrent comme innocents subissant les errements des autres.

Elles sont mécontentes et paniquent. A cet effet, la désinformation est omniprésente et même grossière dans de nombreux pays. Un tel mélange de sentiments explique pourquoi des habitants des bidonvilles attaquent et pillent des supermarchés dans plusieurs pays. Dans l’optique de la panique, il importe de relever également les tentatives des prisonniers de s’échapper de leurs cellules et plusieurs malades qui désertent l’hôpital dès l’annonce de l’acheminement des patients atteints de Covid-19.

Dans la foulée, tout en saluant l’aspect éducatif sanitaire déployé à satiété dans les médias du monde, plusieurs lacunes sont recensées à Kinshasa, par exemple.

Les détracteurs de la mesure de distanciation physique se recrutent dans les milieux ecclésiastiques. Plusieurs leaders charismatiques des Eglises de réveil à Kinshasa dénoncent la mesure interdisant le déroulement de cultes. Pour eux, alors que tous les hôpitaux et les puissances au monde déclinent leur aveu d’incapacité face au Covid-19, les dirigeants congolais prêchent que le Seigneur, et lui seul, demeure le dernier rempart face à cette pandémie. Ils revendiquent, à corps et à cri, le retour des fidèles au temple afin que leurs prières collectives puissent libérer le peuple de Dieu de ce virus qui l’assiège.

Par ailleurs, toujours à Kinshasa, le récital quotidien des gestes barrières contre le Covid-19 fait remonter à la surface les déficits infrastructurels criants et la pauvreté de masses. La mesure du port obligatoire du masque par tous ne prend pas en compte le coût unitaire de celui-ci (de qualité fiable/1$ us) et encore moins, la durée réglementaire de son usage (trois heures au maximum). Dans un contexte à la fois de familles nombreuses et de pauvreté de masses, une telle disposition est loin d’aboutir à des résultats édifiants. D’ailleurs, la police n’a-t-elle déjà surpris en flagrant délit des inciviques qui, après avoir collecté des tas de masques jetés après usage, s’emploient à les nettoyer à l’eau peu ou pas potable pour les revendre par la suite de façon ambulatoire. Ceci séduit facilement car c’est à un prix réduit de moitié.

S’agissant de la recommandation de l’utilisation de mouchoirs à usage unique, qui seraient à jeter immédiatement dans la poubelle, relevons carrément l’inadéquation de la mesure par l’absence de poubelles dans la ville de Kinshasa devenue, elle-même, par euphémisme ou à raison, une poubelle. En plus, dans sa quotidienneté, le mouchoir à usage unique est employé par les personnes de classe moyenne et surtout aisées. Celui à usages multiples, quant à lui, loge dans les poches de la grande majorité des Kinois. Or il est conseillé de renoncer à ce dernier type de mouchoir dans le contexte de Covid-19.

Observons également l’instruction de lavage répétitif des mains dans la journée. Personne ne se s’y oppose, mais tout le monde n’es pas en mesure d’y arriver. L’eau distribuée par la Regideso est une denrée rare dans plusieurs quartiers de Kinshasa. Pour de très nombreuses familles, un à trois bidons de capacité de 20 litres d’eau constitue(nt) la provision journalière. Cette provision en eau est appelée à satisfaire tous les besoins de base: bain, vaisselle, lessive, cuisine, nettoyage maison, boisson.

Evoquons aussi les actes de surprotection. En effet, il s’observe depuis quelque temps, en lien avec le Covid-19 à Kinshasa, une consommation abusive des potions et d’aliments. En ce qui concerne les potions, les témoignages rapportent la tisane, les plantes à essence telles que la citronnelle, les feuilles d’eucalyptus, l’aloe vera, le miel, les bulukutu, le jus de tangawusi, le kongo bololo et le citron. Le mélange des deux dernières potions s’est révélé être un poison mortel qui a emporté quelques familles dans les quartiers périphériques de Kinshasa. Quant aux aliments, on note un recours massif aux fruits et aux légumes. Couramment, on recourt à des fumigations en utilisant les plantes aromatiques et/ou leurs huiles essentielles telles que « les mbunzi mbunzi », « les lumba lumba » et l’arbre à bonheur pour atténuer les effets de la fièvre et de la toux.

Parmi ces pratiques, aucune n’a d’effets certifiés dans la lutte contre le coronavirus. Leur usage relève de l’imaginaire collectif qui apparente le coronavirus au paludisme, à la toux ou à la grippe endémique en RD Congo.

Nous ne savons pas encore quelles seront les conséquences sociales et politiques de toutes les nombreuses mesures mises en place par les autorités publiques pour éviter une propagation à grande échelle du virus, comme peuvent le témoigner l’annulation des rassemblements de tous ordres, la fermeture des églises et des mosquées, des terrasses et des bars, la limitation des passagers dans les bus, les taxis et sur les motos-taxis.

Dans beaucoup de pays en développement, des écoles et des universités sont fermées, ce qui perturbe grandement leurs calendriers éducatifs avec la peur d’enregistrer des années blanches. A l’opposé de la plupart des pays du Nord, l’apprentissage à distance ne constitue pas une alternative en raison du déficit et, dans certains cas, de l’absence de connexion internet.

III. Drames économiques
En outre, les effets de la pandémie sur l’économie sont également multiples. La Commission économique pour l’Afrique des Nations unies estime que l’Afrique pourrait perdre la moitié de son PIB collectif. Les marchés européens et chinois sont quasi fermés. Cela va se répercuter négativement sur les économies qui dépendent fortement des importations-exportations de/vers ces marchés. Les prix des produits importés sont déjà en forte hausse dans de nombreux pays du Sud.

Les investissements, aussi bien étrangers que locaux, sont menacés. Les prix du pétrole sont aujourd’hui en chute libre, ce qui pourrait atténuer les effets néfastes sur l’économie par rapport à la crise du coronavirus dans les pays importateurs de pétrole. Quant aux pays exportateurs de cet or noir, ils seront confrontés à des contraintes budgétaires et leurs gouvernements auront moins de marge de manœuvres à l’endroit de leurs clientèles politiques.

S’agissant des pays développés qui sont pourvus en infrastructures numériques, les travailleurs vont, pour une grande partie, continuer à gagner leur vie alors que dans les pays en développement, cela ne constitue pas une alternative. Dans les pays en développement, les paysans s’accrochent à leur terre et les habitants des bidonvilles essaient de survivre grâce à l’économie informelle.

Le Bureau international du travail (BIT), dans son deuxième rapport sur l’impact du Covid-19 dans le monde du travail, soutient que la crise pourrait éliminer 6,7% des heures de travail dans le deuxième trimestre 2020 ce qui équivaut à presque 200 millions de jobs.

IV. Dénuement des infrastructures sanitaires
Longtemps épargné, le continent africain a été atteint par le biais de cas importés, notamment des voyageurs ne revenant que « de points chauds en Asie, en Europe et aux Etats-Unis ». Le premier cas de Covid-19 en Afrique a été enregistré en Egypte le 14 février 2020. Depuis ces premiers cas importés, 52 sur 54 pays ont signalé des cas sur leurs territoires. Jusqu’alors, le virus était essentiellement confiné au niveau des capitales. [5]

Au fil du temps, nombre d’entre les Etats africains signalent désormais des cas en provinces. Selon l’OMS, l’Afrique du Sud et l’Egypte restent les pays les plus touchés. Dans son ensemble, le continent compte présentement plus ou moins 10.000 cas confirmés de Covid-19 dont environ 500 décès. [6] Perçu sous l’angle de l’expression verre à moitié plein ou à moitié vide, les statistiques des dégâts causés par le Covid-19 en Afrique comparées à celles enregistrées présentement par des pays parmi les plus développés du monde, nous poussent à considérer la situation africaine comme un verre à moitié vide mais pourvu que ça dure davantage.

En outre, les établissements de santé de plusieurs pays en développement n’ont pas de personnel outillé pour faire face à ce virus galopant. Il manque en effet de matériel de protection adéquat, notamment de masques, de visières, d’écrans faciaux, de vêtements de protection et de gants. C’est ce que rapporte le Dr Muyembe, désigné coordonnateur de la lutte en République démocratique du Congo, qui reconnaît lui-même que sa mission est difficile: « C’est un énorme défi, et nous ne sommes pas préparés. On n’a pas la logistique, on manque de moyens à tous les niveaux ».

On sait que, dans plusieurs pays du Nord, les autorités ont mis en place des restrictions à l’exportation des équipements de protection individuelle. Ceci pose problème. De nombreux pays d’Afrique sont en effet extrêmement dépendants des importations et 94% des médicaments utilisés dans les systèmes de santé africains sont importés. Le retard dans l’expédition des médicaments et autres matériels médicaux indispensables au bon fonctionnement des institutions africaines de santé complique encore davantage la tâche dévolue à ces institutions.

Quelles sont les conséquences de cette situation pour l’Afrique, en considération du ravage causé par ce virus en inflation dans les pays nantis et bien équipés?

Normalement, de saines politiques de santé couvrent tous les aspects du bien-être humain, c’est-à-dire à travers des mesures préventives et curatives. Pour nous, cette crise virale conduira à la destruction de ce genre de politique intelligente qui va se concentrer principalement sur la lutte tous azimuts de ce virus mortel qui met à mal l’approche horizontale et globale de la santé de la multitude silencieuse. Du personnel, des budgets, des infrastructures et du matériel seront drainés vers ce seul objectif: abattre le virus. Ce qui va davantage porter atteinte à l’actuel système de santé qui souffre depuis longtemps de beaucoup de déficits.

Lorsque des établissements de santé accueillent de nombreux victimes de Covid-19, les communautés se sentiront dans l’obligation de s’éloigner de ces centres de santé pour se tourner autant que possible vers l’auto-traitement. Elles n’auront plus confiance dans les agents de santé qu’elles regarderont comme des vecteurs potentiels de la transmission de ce virus.

Quelques enseignements tirés
Il importe de noter que l’Afrique n’est pas prête à se rendre. Elle a déjà connu des épidémies similaires et est, par conséquent, préparée à réagir de manière assez prompte dans la façon de contrer cette pandémie nouvelle de Covid-19, notamment en instaurant des équipes spécifiques de riposte. Voilà pourquoi beaucoup de pays africains brandissent le fait qu’ils se sentent outillés pour gérer cette nouvelle crise de santé. Ils auraient suffisamment appris des autres épidémies qu’ils ont affrontées au cours de ces dernières décennies.

Cette crise résultant de la maladie du coronavirus aura été, malgré la désolation qu’elle sème parmi les communautés où elle est passée, bénéfique dans l’éveil des consciences. Les politiques, pensons-nous, vont revoir dans un avenir immédiat la structure des dépenses publiques. Ils vont les réorienter plus vers les soins de santé et surtout dans le domaine de la prévention. Nous pourrions dès lors conjecturer sur l’augmentation des salaires du personnel médical pour qu’il ne soit plus tenté de migrer vers des pays plus nantis. Nous pourrions aussi espérer la mise sur pied de systèmes d’assurance maladie et de protection sociales en Afrique pour remplacer les systèmes de prestations de service actuelles (« fee-for-service »).

La pandémie du coronavirus suscite des inquiétudes en Afrique par rapport à l’engagement des pays riches à préserver pour eux seuls une bonne protection de santé et à oublier de prendre à cœur la prévention des pandémies dans le monde entier. En donnant cinq dollars d’aide par citoyen africain pour la santé, les pays riches ne peuvent pas garantir des soins de santé performants et le bien-être de ces populations.

Cette analyse vise à rappeler que la politique de mondialisation à tendance à négliger les pays du Sud dans le volet santé universel. En interne comme à travers la coopération au développement, le Covid-19 ne saurait donc être ou devenir un couteau dans du beurre en Afrique.

Nous devrons saisir cette « opportunité » pour suggérer la mise en place d’une nouvelle stratégie de coopération au développement. Il est temps de laisser tomber une stratégie Nord-Sud et de la remplacer par une stratégie globale et mondiale, y inclus avec une stratégie de protection sociale universelle. Il faut le faire maintenant, sinon on risque – de nouveau – d’être piégé dans un oubli organisationnel.
La bonne santé des uns dépend de la bonne santé des autres.

[1] https://www.jeuneafrique.com/910230/societe/coronavirus-en-afrique-une-carte-pour-suivre-au-jour-le-jour-lavancee-de-lepidemie

[2] Faisant corps avec les autres gestes barrières à la propagation de la pandémie, l’éloignement des interlocuteurs par peur d’une contamination immédiate a été maladroitement traduit par le syntagme distanciation sociale au lieu de distanciation physique. En effet, cette disposition n’empêche aucunement la communication, l’entretien, la conversation, … qui relèvent de la vocation humaine. D’ailleurs, on distingue deux formes de distanciation sociale: l’une verticale (rapport entre couches ou classes sociales) et l’autre horizontale (absence de fréquentation, de communion entre les individus évoluant dans un milieu donné). Nous recommandons donc, dans le cadre de la prévention de la propagation du Covid-19, l’usage de l’expression distanciation physique plutôt que distanciation sociale.

[3] La dispersion sans ménagement d’un meeting planifié par le mouvement mystico-politique Budu dia Kongo par la police le 11 avril 2020 à Kinshasa en est une illustration parfaite. Ce qui est curieux, c’est que la société civile n’a pas trouvé à redire malgré l’usage d’une force disproportionnelle utilisée par la police à cette occasion.

[4] Notre source : www.stopcoronavirusrdc.info consulté le 13/05/2020

[5] https://news.un.org/fr/story/2020/04/1066112 consulté le 13/05/2020

[6] Idem

TAGS