Covid : En Afrique, l’OMS s’attend à une “longue” lutte

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a mis en garde l’Afrique contre une prochaine flambée des cas de Covid-19 et une “longue” lutte contre la pandémie.

Michel Yao (Photo : ONU)

“Si la progression continue, le nombre de cas pourrait doubler chaque huit jours. C’est donc une tendance à la hausse qu’il faut observer pour toute l’Afrique”, a averti jeudi 14 mai le Dr Michel Yao, chargé de la gestion d’urgence au bureau Afrique de l’OMS.

Selon l’agence onusienne, le nombre de cas confirmés en Afrique a augmenté de 42% la semaine précédente.

Par pays, l’Afrique du Sud, l’Algérie, le Ghana, le Nigeria, le Cameroun, la Guinée, le Sénégal, la Côte d’Ivoire et la République démocratique du Congo (RDC) sont les plus touchés par la maladie dans la région africaine de l’OMS, en termes de nombre cumulé de cas. “Ensemble, ils représentent 87% des cas signalés dans la région”, note l’OMS.

Le continent africain est actuellement relativement épargné par la pandémie, mais face à “une tendance globale à la hausse”, “la réponse à cette épidémie pourrait être longue”, a insisté le Dr Yao.

Les centre urbains plus touchés

Selon le Dr. Yao, la plupart des cas sont pour le moment concentrés dans la capitale et les grandes villes. “Les régions beaucoup plus éloignées sont moins touchées dans la plupart des pays. Et donc là, il y a possibilité d’agir pour protéger l’arrière-pays et surtout s’assurer qu’on utilise ce momentum-là pour mieux préparer l’arrière-pays”, a-t-il ajouté, préconisant le renforcement des mesures de détection, de suivi des contacts et de dépistage.

D’après une modélisation de l’OMS, portant sur 47 pays africains, soit une population totale d’un milliard d’habitants, plus de 230 millions de personnes pourraient être infectées par le nouveau coronavirus au cours de la première année, la plupart avec peu ou pas de symptômes, mais jusqu’à 190.000 pourraient en mourir.

“Notre modèle montre l’ampleur du problème pour les systèmes de santé si les mesures de confinement échouent”, déclarent ses auteurs.

Selon cette hypothèse, 4,6 millions de personnes devront être hospitalisées, 140.000 seront gravement infectées et 89.000 seront gravement malades.

“Extrême vigilance”

Tandis que de plus en plus de pays, y compris en Afrique, assouplissent leurs mesures de confinement, le responsable des questions d’urgence sanitaire à l’OMS, Michael Ryan, les a enjoints à faire preuve d’une “extrême vigilance”.

Certains pays se sont lancés “aveuglément” dans le déconfinement sans se doter des moyens de tester et de tracer les cas suspects pendant qu’ils en avaient encore le temps, a-t-il regretté, lundi 11 mai.
Nombreux sont les pays “qui ont réalisé des investissements significatifs pour améliorer leurs capacités en santé publique pendant les confinements, d’autres non”, a noté M. Ryan.

Un virus qui pourrait “ne jamais disparaître”

“Si la maladie persiste à un faible niveau dans des pays qui n’ont pas la capacité d’étudier les foyers, de les identifier, le risque existe toujours que la maladie reparte”, a-t-il souligné.

Mercredi, M. Ryan a lancé un autre avertissement, déclarant que le nouveau coronavirus pourrait “ne jamais disparaître” dans le monde.

M. Ryan a reconnu qu’il était “très difficile” de dire quand la pandémie pourrait être vaincue, ce qui signifie qu’il faudra peut-être vivre avec, au même titre que d’autres maladies.

“Ce virus pourrait devenir endémique dans nos communautés, il pourrait ne jamais disparaître”, y compris en cas de découverte d’un vaccin, a insisté M. Ryan.

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