Covid : Le variant britannique plus mortel, prévient Boris Johnson

Confirmant les pires craintes, le Premier ministre britannique Boris Johnson a annoncé vendredi que le variant du nouveau coronavirus détecté dans son pays et déjà présent dans une soixantaine d’autres semblait bien être non seulement plus contagieux, mais aussi plus mortel.

Boris Johnson assiste à une séance de vaccination, le 8 décembre à Londres (Photo : Xinhua)

Ce variant, qui se transmet 30 à 70% plus facilement, est jugé responsable
de la sévérité de la deuxième vague de nouveau coronavirus qui frappe
actuellement le Royaume-Uni.

“Il semble également maintenant qu’il existe des preuves que le nouveau
variant, le variant qui a été identifié pour la première fois à Londres et
dans le sud-est (de l’Angleterre) peut être lié à un degré plus élevé de
mortalité”, a déclaré Boris Johnson lors d’une conférence de presse à Downing
Street.

Pour les hommes âgés d’une soixantaine d’années, le risque de mortalité
atteint 13 à 14 sur 1.000 avec le nouveau variant, contre 10 sur 1.000 avec la
précédente forme de virus, a comparé le conseiller scientifique du
gouvernement, Patrick Vallance.

“Je tiens à souligner qu’il y a beaucoup d’incertitude autour de ces
chiffres”, a nuancé M. Vallance, mais il y a une “inquiétude qu’il y ait eu
une augmentation de la mortalité ainsi qu’une augmentation de la
transmissibilité”.

L’OMS a indiqué n’avoir pas encore pris connaissance des nouveaux éléments
britanniques et n’avoir pas constaté pour l’instant que ce variant était plus
mortel.

“Nous ne voyons pas jusqu’à présent (…) que la maladie est plus mortelle.
Ce que nous constatons, c’est que si plus de gens sont contaminés, plus de
gens tomberont très malades, et si plus de gens tombent très malades, plus de
gens mourront”, a déclaré le directeur chargé des questions d’urgence
sanitaire à l’Organisation mondiale de la santé, Michael Ryan lors d’un point
presse.

“L’augmentation de l’incidence conduit à une mortalité plus élevée”, a-t-il
ajouté.

Des études sont en cours partout dans le monde pour déterminer les raisons
de cette plus forte contagiosité.

D’autres variants, dont l’un initialement détecté en Afrique du Sud,
inquiètent eux aussi la communauté internationale. “Ils ont certaines
caractéristiques qui les rendent moins sensibles aux vaccins” et sont “plus
préoccupants” que le variant britannique, a jugé M. Vallance.

Hôpitaux sous pression

Pays le plus endeuillé d’Europe par la pandémie avec près de 96.000 morts
(+ 1.401 les dernières 24 heures), le Royaume-Uni s’est reconfiné pour la
troisième fois pour tenter d’endiguer une nouvelle vague de l’épidémie,
attribuée à ce variant beaucoup plus contagieux.

Une campagne de vaccination massive a été lancée, et 5,4 millions de
personnes ont reçu une première dose de vaccin, dont 400.000 ont été vaccinés
ces dernières 24 heures, un record.

Selon le bureau des statistiques nationales, l’ONS, une personne sur 55 en
Angleterre avait le Covid-19 entre le 10 et le 16 janvier, en baisse comparé à
l’estimation d’une personne contaminée sur 50 entre le 27 décembre et le 2
janvier.

Les hôpitaux sont cependant sous pression, avec 38.562 malades du Covid-19
hospitalisés, un chiffre 78% plus élevé que lors du premier pic en avril, a
souligné Boris Johnson. (AFP)

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