Covid : L’ONU demande 4,7 milliards de dollars de plus

L’ONU a lancé jeudi 7 mai un appel à de nouveaux fonds à hauteur de 4,7 milliards de dollars pour “protéger des millions de vies et endiguer la propagation du coronavirus dans les pays fragiles”.

Mark Lowcock (Photo : ONU)

Le 25 mars, en lançant un plan de réponse humanitaire mondial, l’ONU avait une première fois réclamé des dons à hauteur de 2 milliards de dollars, dont la moitié a été récupérée jusqu’à présent auprès des pays membres des Nations unies.

“Les effets les plus dévastateurs et déstabilisateurs se feront sentir dans les pays les plus pauvres du monde”, a souligné dans un communiqué le secrétaire général adjoint de l’ONU pour les Affaires humanitaires, Mark Lowcock. “Si nous n’agissons pas maintenant, nous devons nous préparer à une augmentation significative des conflits, de la faim et de la pauvreté. Le spectre de multiples famines se profile”, a-t-il averti.

Davantage de pays prioritaires

Au total, les 6,7 milliards devraient couvrir jusqu’à décembre les dépenses du plan de réponse humanitaire qui avait été détaillé fin mars et qui visait à aider une vingtaine de pays prioritaires, dont plusieurs en conflit: Afghanistan, Libye, Syrie, Centrafrique, Soudan du Sud, Yémen, Venezuela, Ukraine…

Ce nouvel appel aux dons fait suite à l’ajout à cette liste de neuf pays vulnérables, a précisé jeudi l’ONU. Il s’agit du Bénin, de Djibouti, du Liberia, du Mozambique, du Pakistan, des Philippines, de la Sierra Leone, du Togo et du Zimbabwe.

Les fonds recueillis doivent permettre d’acheter notamment de l’équipement médical pour tester et soigner les malades, de fournir des points de lavage de mains, de lancer des campagnes d’information et d’établir des ponts aériens humanitaires avec l’Afrique, l’Asie ou l’Amérique latine, selon l’ONU.

“Mesures extraordinaires”

L’Organisation a précisé que le nouvel appel à contribution avait aussi pour objectif de développer de nouveaux programmes pour mieux lutter contre l’insécurité alimentaire qui se développe en raison de la crise économique provoquée par la pandémie de Covid-19.

Face à cette crise, “des mesures extraordinaires sont nécessaires”, a insisté Mark Lowcock. “J’exhorte les donateurs à agir à la fois dans la solidarité et dans l’intérêt personnel et à proportionner leur réponse à l’ampleur du problème auquel nous sommes confrontés”, a-t-il poursuivi, en mettant en garde contre un effet boomerang sur le long terme si les pays pauvres sont délaissés par les pays riches.

Selon l’ONU, le pic de la maladie dans les pays les plus pauvres du monde est attendu dans les trois à six mois à venir.

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