Ebola en RDC : 300 attaques dont six mortelles contre des agents de la riposte

Trois cents attaques, ayant causé six morts et 70 blessés, ont été recensées en onze mois contre des agents de la riposte anti-Ebola dans trois provinces de l’est de la RDC, ont annoncé lundi 4 novembre les autorités sanitaires.

Un agent de la riposte anti-Ebola en RDC (Photo : FICR)

“Depuis le 1er janvier 2019, il a été documenté plus de trois cents attaques contre des travailleurs de la santé ayant causé six décès et 70 blessures chez des travailleurs de la santé et des patients en RDC”, lit-on dans le bulletin quotidien du ministère de la Santé.

“Chaque attaque retarde” les activités de la lutte parce qu’elle empêche les équipes d’avoir accès à la population et de faire les interventions prévues, ont déploré les autorités sanitaires.

Dans la nuit du samedi 2 au dimanche 3 novembre, un animateur d’une radio locale, impliqué dans la lutte contre l’épidémie, a été assassiné en Ituri.

Le 19 avril, un épidémiologiste de nationalité camerounaise qui travaillait pour l’OMS a été tué dans une attaque d’hommes armés contre l’hôpital universitaire de Butembo dans la province voisine du Nord-Kivu (est).

La méfiance des populations

“Quoi qu’il en soit, l’équipe de la riposte continuera à lutter contre cette maladie avec l’implication des communautés et de la population touchée, y compris l’appui de tous les partenaires impliqués”, ont rassuré les autorités.

L’épidémie d’Ebola qui sévit actuellement dans l’est congolais touche les zones reculées et conflictuelles des provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri. Jusqu’à présent, 2.185 décès ont été enregistrés sur 3.274 cas, selon les autorités congolaises.

Les efforts de confinement de la maladie ont été entravés par les violences armées, ainsi que par les attaques contre des agents de santé qui luttent contre Ebola au sein d’une population où règne souvent la méfiance envers les étrangers et la superstition.

Plusieurs agents des équipes de riposte ont été agressés ou blessés par des habitants au cours d’inhumations de victimes d’Ebola. Les proches, traditionnellement habitués à toucher les défunts, refusent souvent d’être privés de cette coutume. Ebola se transmettant par les fluides corporels, les équipes sanitaires font en sorte d’éviter toute contamination en s’occupant des enterrements.

En septembre, une vingtaine de maisons d’agents de santé engagés contre Ebola ont été incendiées par des milices dans la région de Mambasa.

Depuis, plusieurs radios du territoire de Mambasa ont décidé d’interrompre la diffusion des émissions sur la lutte contre la maladie, en raison de l’hostilité d’une frange importante de la population, a indiqué l’Observatoire de la liberté de la presse en Afrique (OLPA), basé en RDC. (D’après AFP)

TAGS