Ebola en RDC : MSF suspend ses activités après l’attaque de deux centres

Deux centres de traitement d’Ebola (CTE) ont été attaqués en trois jours, poussant Médecins sans frontières (MSF) qui les gère, à y suspendre ses opérations.

Dans la nuit du 24 au 25 février, le CTE du district de Katwa, non loin de Butembo, épicentre de l’épidémie dans le Nord-Kivu (nord-est de la RDC), a été attaqué et incendié par des miliciens maï-maï armés, a rapporté un élu.
L’incendie a ravagé une paillote, deux générateurs et plusieurs véhicules, a expliqué le maire de la ville sur Radio Okapi.
Les dix malades présents dans le centre ont été évacués vers d’autres sites, a indiqué MSF qui gère le centre.

Personnel évacué

“Les activités ont, de fait, été arrêtées. MSF a évacué le personnel de la zone pour garantir leur sécurité le temps qu’une analyse approfondie puisse être menée pour déterminer les risques de poursuivre la prise en charge médicale sur place”, a précisé l’ONG.

Mercredi 27 février, un autre centre de traitement d’Ebola, celui de Butembo, a été ciblé. Le site a été “attaqué par des assaillants munis d’armes à feu et flèches”, a raconté le maire de la ville, Sylvain Kanyamanda.

“Une partie (du centre) est brûlé. Nous regrettons la mort d’un policier”, a déclaré de son côté le colonel Richard Mbambi, chef de la police de Butembo.

“Les équipes ont été forcées de cesser immédiatement toute prise en charge. Au moment de l’attaque, 57 patients étaient hospitalisés dans le CTE, dont 15 étaient des cas confirmés”, a souligné MSF.

MSF “extrêmement attristée”

“Nous sommes extrêmement attristés par ces attaques contre nos structures médicales”, a réagi Hugues Robert, responsable des programmes d’urgence pour l’ONG.

“Non seulement elles mettent en danger la vie de nos équipes, mais elles menacent les plus vulnérables dans cette situation: les patients. Au regard de ces deux incidents violents, nous n’avons pas d’autre choix que de suspendre nos activités jusqu’à nouvel ordre”, a-t-il poursuivi.

Dans la région, la résistance de la population ajoutée à l’insécurité rendent difficile le travail des agents chargés de mener des activités de riposte à l’épidémie.

Mardi 19 février, un infirmier avait été tué dans un village proche de Butembo.

Les zones de santé de Katwa et Butembo sont actuellement considérées comme “les principaux foyers de l’épidémie” d’Ebola.
Sur 77 nouveaux cas enregistrés entre le 6 et le 26 février, 45 l’ont été à Katwa et 19 à Butembo, d’après les chiffres de l’OMS.
De même source, depuis le début de l’épidémie le 1er août, Ebola a touché 879 personnes, dont 553 sont décédées. (Le JD)