Guinée : Condé reconduit, la résidence de Diallo bloquée

La Cour constitutionnelle a officiellement déclaré samedi Alpha Condé vainqueur de la présidentielle guinéenne du 18 octobre, tandis que les forces de sécurité bloquaient l’accès à la résidence de l’opposant Cellou Dalein Diallo.

Alpha Condé (Photo : BAD/Archives)

La Cour a rejeté les recours et validé les résultats proclamés par la Commission électorale nationale indépendante (Céni), selon lesquels M. Condé a recueilli 2.438.815 voix, soit 59,50%.

Au même moment, de lourds camions anti-émeutes et des pick-ups faisaient barrage dans la rue menant chez M. Diallo, dans la banlieue de Conakry.

Des membres des forces de l’ordre tenaient à distance ceux qui tentaient de s’approcher de la maison, où M. Diallo comptait initialement parler aux journalistes en début d’après-midi.

“Je vous invite à défendre vos suffrages”

Finalement, l’opposant a réussi à s’exprimer, depuis un autre quartier de la banlieue de Conakry. Il a persisté à dire qu’il avait gagné la présidentielle et a appelé ses partisans à défendre cette victoire “par tous les moyens légaux”.

“J’ai gagné cette élection grâce à votre confiance et je vous invite à défendre vos suffrages par tous les moyens légaux”, a-t-il martelé en assurant détenir des “preuves irréfutables de (sa) victoire”.

“Comme nous nous y attendions tous, la Cour constitutionnelle a lamentablement manqué le rendez-vous qu’elle avait avec un moment décisif de l’histoire de notre pays”. Ses membres “ont préféré se mettre au service d’un homme et de ses ambitions plutôt que de respecter leur serment”, a-t-il insisté.

M. Diallo, battu par M. Condé en 2010 et 2015, s’était proclamé vainqueur au premier tour dès le lendemain de l’élection en se fondant sur les données remontées du terrain et en refusant de s’en remettre aux organes officiels, inféodés au pouvoir selon lui. A l’époque déjà, les accès à son domicile avaient été bloqués quelques jours.

Cette proclamation de victoire unilatérale, le blocus de son domicile, l’accusation de “fraude à grande échelle” proférée par le camp de M. Diallo contre le pouvoir ainsi que le dépouillement progressif préfigurant une issue favorable au sortant avaient contribué à échauffer les esprits. Des heurts entre partisans de M. Diallo et forces de sécurité ont fait plusieurs morts les jours suivant l’élection.

La candidature de M. Condé à un troisième mandat consécutif a donné lieu à des mois de manifestations et de violences qui ont causé la mort de dizaines de personnes, dans la quasi totalité des civils. (Le JD avec AFP)

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