Guinée : L’opposant Cellou Dalein Diallo proclame sa victoire “dès le 1er tour” de la présidentielle

L’opposant guinéen Cellou Dalein Diallo a revendiqué lundi 19 octobre sa victoire “dès le premier tour” de l’élection présidentielle de la veille, sans attendre la proclamation des résultats officiels.

“Mes chers compatriotes, malgré les anomalies qui ont entaché le scrutin du 18 octobre et au vu des résultats sortis des urnes, je sors victorieux de cette élection dès le premier tour”, a déclaré devant la presse l’adversaire principal du président sortant Alpha Condé, qui brigue pour sa part un troisième mandat controversé.

Il s’exprimait depuis le quartier général de son parti, l’UFDG, dans un quartier populaire de la banlieue de Conakry, pris d’assaut par des supporters montés sur les toits des bâtiments annexes.

“J’invite tous mes compatriotes épris de paix et de justice à rester vigilants et mobilisés pour défendre cette victoire de la démocratie”, a ajouté M. Diallo, qui à 68 ans se présentait pour la troisième fois à la présidentielle.

Sa déclaration, d’à peine deux minutes, a été accueillie par des hurlements de joie de ses partisans, chauffés à blanc et clamant “Cellou président” ou “Victoire méritée”.

“C’est une proclamation prématurée”, qui est “nulle et de nul effet”, a réagi le numéro 2 de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), Bakary Mansaré, en soulignant qu’il fallait attendre que la Céni publie ses résultats – “d’ici la fin de la semaine”, selon lui -, puis que la Cour constitutionnelle se prononce, pour que le vainqueur officiel de la présidentiel soit connu.

Le camp de M. Diallo, qui se déclare inquiet de tricheries, avait annoncé qu’il publierait des résultats compilés par ses soins avec les données remontés de tout le pays, sans s’en remettre à la commission électorale ou, ultérieurement, à la Cour constitutionnelle, qu’il juge inféodées aux autorités en place.

Le pouvoir ne cachait pas pour sa part son inquiétude devant les publications anticipées de résultats partiels pendant la nuit de dimanche à lundi. Le ministère de la Sécurité a martelé qu’elles étaient interdites.

Devancer la Céni reviendrait à mettre de “l’huile sur le feu”, a souligné dimanche soir le Premier ministre Kassory Fofana, qui est aussi directeur de la campagne du président sortant. “C’est créer les conditions d’une situation de dégradation qui va échapper à tout contrôle”, a-t-il mis en garde. (AFP)

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