Guinée : Vers un nouveau report des législatives

Les élections législatives, retardées depuis des mois en Guinée, devront encore attendre, la date du 28 décembre proposée par le chef de la commission électorale (Céni) n’étant pas tenable, a annoncé lundi 21 octobre l’Organisation internationale de la francophonie (OIF).

“La Céni va reconsidérer la date afin de proposer aux autorités guinéennes un nouvel agenda tenable et conforme aux recommandations du comité de suivi du dialogue politique inter-guinéen”, a déclaré l’envoyé spécial de l’OIF Tiéman Coulibaly, accompagné du président de la Céni Salif Kébé.

M. Kébé avait proposé en septembre la date du 28 décembre pour élire les nouveaux députés. L’opposition avait immédiatement dénoncé un projet irréaliste et servant, selon elle, les desseins du président Alpha Condé que l’on soupçonne de vouloir briguer sa propre succession en 2020 et de changer à cette fin la Constitution qui l’empêche de concourir à un troisième mandat.

L’actuel Parlement est entré en fonctions en janvier 2014 pour cinq ans. Des élections devaient se tenir fin 2018 ou début 2019.

M. Coulibaly a invoqué des raisons techniques comme la mise à jour du fichier électoral, obstacle majeur à la tenue des élections jusqu’alors, et l’entrée en service d’un nouveau logiciel.

La non-tenue du scrutin était acquise avant même la conférence de presse, le président Condé n’ayant pas convoqué les Guinéens aux urnes dans le délai légal de 70 jours.

Ce nouvel atermoiement survient alors que la Guinée est en proie à une agitation meurtrière depuis qu’un collectif de partis d’opposition, de syndicats et de la société civile a appelé à manifester pour faire barrage à un éventuel troisième mandat de M. Condé.

Au moins huit manifestants (dix selon l’opposition) et un gendarme ont été tués la semaine passée. (Agences)

TAGS