Insécurité au Niger : Plus de 22.000 élèves privés d’école, près de 100.000 déplacés

Plus de 22.000 élèves sont privés d’école dans la région de Tillabéri, dans l’ouest du Niger proche du Mali, en raison de l’insécurité qui a poussé près de 100.000 personnes à fuir leur domicile, a alerté vendredi l’ONU.

“Dans le secteur de l’éducation, au 31 janvier 2021, 22.876 élèves dont 10.513 filles ne peuvent plus aller à l’école. A ce jour, 312 écoles restent fermées dans la région de Tillabéri à cause de l’insécurité”, précise dans un rapport le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), à Niamey.

Les écoles ont été fermées dans près de 20 localités, dont Banibangou et Anzourou, victimes d’attaques récentes de présumés jihadistes.

Les violences ont déjà contraint “plus de 95.000 personnes” à fuir leur village et la région de Tillabéri compte 511.332 personnes touchées par “l’insécurité alimentaire”.

Santé

Le secteur de la santé n’est pas épargné par “les conséquences néfastes de l’insécurité”, selon OCHA.

Plus de 30.000 personnes vivant dans sept départements de la région sont privées de “soins de santé” en raison de la fermeture de centres sanitaires, alors que “des vagues importantes d’épidémies de rougeole, de méningite et du Covid-19” frappent plusieurs départements, déplore l’agence onusienne.

Vaste zone instable de près de 100.000 km2, la région de Tillabéri où cohabitent les ethnies djerma, peul, touareg et haoussa, est située dans la zone “des trois frontières” entre Niger, Mali et Burkina Faso, régulièrement frappée par les groupes jihadistes affiliés à Al-Qaïda ou à l’Etat islamique (EI).

“Les tueries des civils, les assassinats ciblés contre des leaders coutumiers et religieux, les enlèvements, les extorsions de biens et de bétail sont (encore) fréquents dans cette région”, souligne OCHA.

En 2020, la région a enregistré “292 incidents de sécurité” qui ont coûté la vie à 200 civils, d’après cette agence.

Les 13 départements que compte Tillabéri sont sous état d’urgence depuis des années, une mesure doublée de la fermeture d’une dizaine de marchés et de l’interdiction de circuler à moto.

Ces mesures visent à “enrayer” les attaques djihadistes, avait expliqué Tidjani Ibrahim Katiella, le gouverneur de Tillabéri.

(AFP)

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