La Turquie suspend son offensive en Syrie en attendant le retrait des forces kurdes

La Turquie a accepté jeudi 17 octobre de suspendre son offensive dans le nord-est de la Syrie et d’y mettre fin définitivement si les forces kurdes s’en retirent sous cinq jours, aux termes d’un accord arraché par le vice-président américain Mike Pence à Ankara.

Pour permettre un retrait des forces kurdes “sous 120 heures, toutes les opérations militaires dans le cadre de l’opération Source de Paix vont être suspendues et l’opération sera complètement arrêtée une fois ce retrait achevée”, a déclaré M. Pence à la presse à l’issue de plus de quatre heures d’entretiens avec le président turc Recep Tayyip Erdogan.

Les forces kurdes devront se retirer d’un secteur d’une profondeur de 32 km censé se transformer à terme en “zone de sécurité” pour laquelle la Turquie milite depuis des mois.

Baptisée “Source de Paix”, l’offensive turque contre les forces kurdes des YPG dans le nord-ouest de la Syrie, lancée le 9 octobre, a suscité un tollé international en raison du rôle de premier plan joué par les Kurdes dans la lutte contre les jihadistes du groupe Etat islamique (EI).

Mais Ankara les qualifie de “terroristes” en raison de leurs liens avec le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), qui mène une guérilla sanglante en Turquie depuis 1984.

Le chef de la diplomatie turque Mevlut Cavusoglu a confirmé cet accord. “Nous suspendons l’opération, nous ne l’arrêtons pas”, a déclaré M. Cavusoglu à la presse.

“Nous pourrons arrêter l’opération seulement lorsque (les forces kurdes) se seront retirées complètement de la région”, a-t-il ajouté, refusant toutefois de parler d’un cessez-le-feu. “Un cessez-le-feu se conclut entre deux parties légitimes”, a-t-il dit.

“Un grand jour”

Donald Trump a évoqué un “grand jour” pour la Turquie et pour les Kurdes. “Nous avons un cessez-le-feu de cinq jours”, a déclaré M. Trump depuis Fort Worth, au Texas (Etats-Unis). “Les Kurdes sont incroyablement heureux de cette solution”, a-t-il ajouté, se disant particulièrement satisfait que les négociations aient abouti “aussi vite”.

L’offensive turque a déjà fait près de 500 morts, dont une centaine de civils, et provoqué le déplacement de 300.000 personnes depuis son lancement le 9 octobre, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

L’accord turco-américain survient alors que les combats continuent de faire rage, en particulier à Ras al-Aïn, ville à la frontière turque.

Le président syrien Bachar al-Assad a promis de faire face à l’offensive turque “par tous les moyens légitimes”. (AFP)

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