L’Afrique subsaharienne appelée à intensifier la lutte contre le paludisme

La pandémie de Covid-19 pourrait perturber la distribution de moustiquaires et de médicaments contre le paludisme et entraîner un doublement du nombre de morts, a prévenu jeudi 23 avril l’OMS qui appelle l’Afrique subsaharienne à intensifier ses campagnes de prévention.

Un enfant soigné pour le paludisme au Niger (Photo : MSF)

“Des perturbations graves des campagnes de distribution de moustiquaires imprégnées d’insecticide et dans l’accès aux traitements anti-paludisme pourraient entraîner un doublement des morts en Afrique subsaharienne cette année par rapport à 2018”, s’alarme l’Organisation mondiale de la santé en se fondant sur une nouvelle analyse par modélisation.

“L’OMS exhorte les pays à prendre des mesures rapides et à distribuer des instruments de prévention et de traitement à ce stade de l’épidémie de Covid-19 en Afrique subsaharienne”, ajoute l’agence onusienne dans un communiqué.

Flambée des cas au Zimbabwe

Déjà, le Zimbabwe, où la population est confinée depuis fin mars, a enregistré une hausse de 45% des cas et de 20% des décès de paludisme par rapport à l’an dernier.

“Malheureusement, cela se passe à un moment où nous avons affaire à une autre crise sanitaire, la pandémie de Covid-19. Il est possible de confondre les deux maladies car quelques-uns des symptômes tendent à être similaires”, a souligné Norman Matara de l’Association zimbabwéenne des médecins pour les droits humains (ZADHR).

“Il est probable que des patients atteints du paludisme restent chez eux au lieu d’aller se faire soigner” à l’hôpital de crainte de contracter le coronavirus, a-t-il ajouté.

Dans le scénario le plus pessimiste élaboré par l’OMS pour 41 pays, toutes les campagnes de distribution de moustiquaires sont suspendues et l’accès à des médicaments anti-paludisme efficaces est réduit de 75%.

“Le bilan des morts du paludisme en Afrique subsaharienne en 2020 atteindrait 769.000, deux fois plus qu’en 2018. Cela signifierait un retour à des taux de mortalité que l’on ne voit plus depuis 20 ans”, souligne l’OMS.

L’Afrique subsaharienne représentait en 2018 environ 93% de tous les cas de paludisme dans le monde et 94% des décès. Plus des deux tiers des décès concernent les enfants de moins de cinq ans, selon le dernier rapport mondial sur le paludisme de l’OMS. (Le JD avec AFP)

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