L’armée française installe un camp militaire à Djibo au Burkina? Les autorités des deux pays démentent

L’armée française a-t-elle construit une nouvelle base à Djibo, au Burkina Faso, comme l’affirme le site Internet NordSud Journal et plusieurs publications sur Facebook? Les autorités des deux pays démentent cette information. En revanche, 70 soldats français de la force de Barkhane sont intervenus à Djibo du 13 au 16 septembre.

“Les soldats français de l’opération Barkhane ont installé une nouvelle base à Djibo, dans la région du Sahel au Burkina Faso à 70 km de la frontière avec le Mali. Si les forces spéciales de l’armée française ont pris position depuis le 13 septembre dernier, les travaux de la base militaire, située sur l’aérodrome de Djibo ont commencé le 22 septembre dernier” : voici ce qu’affirme le site d’informations malien nordsudjournal.com, relayé par plusieurs publications Facebook.

“Près de 250 soldats français de l’opération Barkhane sont stationnés à Djibo où un camp militaire est en construction autour de l’aérodrome de la ville”, poursuit le site.

“C’est une fake news”, a déclaré le lieutenant-colonel Guillaume Deschamps, porte-parole de l’état-major français.

“Il n’y a pas de base française installée à Djibo mais c’est la force Barkane qui a été sollicitée deux fois”, a également déclaré le service de communication du gouvernement burkinabè sur ses comptes Facebook et Twitter.

Il est vrai en revanche que les militaires français déployés au Sahel multiplient ces dernières semaines les interventions au Burkina Faso pour épauler les forces armées locales.

A deux reprises en septembre, des soldats de l’opération Barkhane sont venus offrir leur appui à l’armée burkinabè dans la province du Soum (nord), frontalière du Mali, théâtre en août de l’attaque jihadiste la plus meurtrière subie par les forces de sécurité (24 morts à Koutougou).

Une semaine auparavant, du 13 au 16 septembre, quelque 70 soldats français de Barkhane avaient déjà aidé les militaires à renforcer leur camp de Djibo, “à la demande du gouvernement”.

Mais la question est sensible dans le pays, et le gouvernement burkinabè a toujours été très réticent à demander de l’aide à la France, l’ancienne puissance coloniale. Un souci d’indépendance notamment hérité de la présidence de Thomas Sankara (1983-1987), père de la révolution burkinabè, anticolonialiste et nationaliste, dont le souvenir est révéré.

Les seuls Français basés de manière permanente au Burkina Faso à l’heure actuelle sont un contingent d’environ 200 forces spéciales à Ouagadougou. (AFP)

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