Maron et le G5 Sahel appellent les Etats-Unis à maintenir leur présence militaire

Réunis à Pau (France), à l’invitation du président Emmanuel Macron, les chefs d’Etat du G5 Sahel – Burkina, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad – ont appelé les Etats-Unis à revenir sur leur intention de retirer leurs troupes de la région, lundi 13 janvier.

Les présidents malien et français (Photo : Elysée/Archives)

Les responsables “ont exprimé leur reconnaissance à l’égard de l’appui crucial apporté par les Etats-Unis” dans la lutte antijihadiste et “ont exprimé le souhait de sa continuité”, dans une déclaration commune.
Washington veut réduire la présence militaire américaine en Afrique.

Les ressources que le Pentagone consacre à l’Afrique, ainsi qu’au Moyen-Orient, “pourraient être réduites et ensuite redirigées, soit pour améliorer la préparation de nos forces aux Etats-Unis soit vers le Pacifique”, a déclaré peu avant le chef d’état-major américain, le général Mark Milley.

“Nous sommes en train d’élaborer des options pour le ministre” américain de la Défense, Mark Esper, a expliqué le général Milley.

La France est inquiète

La perspective d’une réduction de la présence américaine inquiète aussi la France, dont 4.500 soldats sont déployés au Sahel. “L’engagement américain est crucial dans la région car ils fournissent des capacités critiques de surveillance, de ravitaillement en vol et certaines ne sont pas substituables”, a averti la présidence française. “Nous ne serions pas en mesure de les retrouver chez les autres partenaires, surtout en matière de renseignement. Nous faisons passer le message à tous les niveaux”, a ajouté l’Elysée.

“J’espère pouvoir convaincre le président Trump que la lutte contre le terrorisme se joue aussi dans cette région et que le sujet libyen n’est pas séparable de la situation au Sahel et dans la région du lac Tchad”, a-t-il déclaré en évoquant le risque de “prolifération du terrorisme” en cas d’échec.

Les Etats-Unis veulent réduire le nombre de leurs militaires déployés à travers l’Afrique au cours des prochaines années et se concentrer davantage sur la réponse aux menaces posées par leurs concurrents russes et surtout chinois.

L’armée américaine déploie par rotations en Afrique quelque 7.000 soldats des forces spéciales qui mènent des opérations conjointes avec les armées nationales contre les jihadistes, notamment en Somalie.

En outre, 2.000 soldats de l’armée de terre mènent des missions de formation dans une quarantaine de pays africains et participent à des opérations de coopération, notamment avec les forces françaises de l’opération Barkhane au Mali, auxquelles ils fournissent une assistance principalement logistique.

“Aucune décision” prise

M. Esper envisagerait ainsi de fermer une base de drones à Agadez, dans le nord du Niger, dont le coût a été estimé à une centaine de millions de dollars et qui donne aux Etats-Unis une plateforme de surveillance de premier plan au Sahel.

Questionné, le général Milley a assuré que le chef du Pentagone n’avait encore “pris aucune décision”.
“Economiser nos forces ne veut pas dire les ramener à zéro”, a-t-il assuré. L’examen des forces en Afrique “se poursuit”. (Le JD avec AFP)

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