Le Parlement européen demande la suspension des négociations d’adhésion avec la Turquie

Les eurodéputés, réunis en session plénière à Strasbourg, ont adopté mercredi 13 mars une résolution demandant aux Etats membres de l’UE et à la Commission européenne de suspendre les négociations d’adhésion avec la Turquie.

“Le Parlement européen demeure très préoccupé par le mauvais bilan de la Turquie en matière de respect des droits de l’homme, d’état de droit, de liberté des médias et de lutte contre la corruption, ainsi que par le système présidentiel tout-puissant”, écrivent les eurodéputés dans une résolution adoptée par 370 voix pour, 109 contre et 143 abstentions.

Droits de l’homme

“Tenant compte de la situation des droits de l’homme et de la nouvelle Constitution, le Parlement européen recommande de suspendre formellement les actuelles négociations d’adhésion de la Turquie à l’UE”, déclarent-ils.

Les eurodéputés “ont salué la décision de la Turquie de lever l’année dernière l’état d’urgence introduit après le coup d’Etat manqué de 2016, mais regrettent toutefois que la plupart des pouvoirs octroyés au Président et à l’exécutif suite au coup d’Etat soient toujours en place et continuent de restreindre dans les faits la liberté et les droits fondamentaux dans le pays”, indique un communiqué.

Ils “expriment leur grande inquiétude quant au rétrécissement de l’espace dévolu à la société civile dans le pays, un grand nombre de militants, de journalistes et de défenseurs des droits de l’homme étant actuellement emprisonnés”, ajoute le Parlement.

Le porte-parole du Parti de la Justice et du Développement turc Omer Celik a fermement critiqué cette résolution et a accusé le Parlement européen de “regarder le monde par l’étroite fenêtre de l’extrême droite”.

L’UE est le principal partenaire financier de la Turquie, et deux tiers des investissements étrangers directs dans le pays sont issus d’Etats membres de l’UE. (Xinhua)