Londres suspend son financement à Oxfam après des accusations d’abus sexuels

Le gouvernement britannique a interrompu son financement à Oxfam après que l’ONG eut suspendu deux membres de son personnel en République démocratique du Congo en raison d’accusations d’agressions sexuelles et de harcèlement.

“Toutes les organisations qui sollicitent des aides du Royaume-Uni doivent
respecter les normes élevées de protection requises pour assurer la sécurité
des personnes avec lesquelles elles travaillent”, a déclaré un porte-parole du
ministère des Affaires étrangères jeudi.

“Pas de nouveau financement”

“Etant donné les récentes informations qui mettent en question la capacité
d’Oxfam d’atteindre ces normes, nous n’envisagerons pas de nouveau financement
pour Oxfam jusqu’à ce que ces problèmes soient résolus”, a-t-il ajouté.

L’ONG, qui travaille dans 67 pays, avait annoncé le vendredi précédent la suspension
de deux membres du personnel dans le cadre d’une enquête externe qui a
commencé en novembre, portant sur des “accusations d’abus de pouvoir,
notamment harcèlement et agressions sexuelles” en RDC.

Oxfam a indiqué en avoir informé le ministère des Affaires étrangères et la
commission chargée de la régulation des associations et s’est engagée à
continuer de tenir le gouvernement informé.

Selon le Times, 22 employés anciens ou actuels d’Oxfam ont adressé en
février une lettre de dix pages à la direction d’Oxfam, y détaillant des
accusations de fraude, corruption, harcèlement sexuel, abus, menaces et
intimidation contre onze personnes en RDC.

Des sources citées par le journal précisent que des accusations avaient été
signalées à la hiérarchie de manière répétée depuis 2015.

L’organisation humanitaire avait déjà été plongée dans la tourmente en 2018
pour des abus sexuels commis en Haïti par certains de ses employés après le
séisme de 2010.

Ces révélations interviennent quelques semaines à peine après qu’Oxfam eut
été déclarée de nouveau éligible à recevoir des financements publics, dont
elle avait été exclue après le scandale à Haïti.

(AFP)

TAGS