Mali: 2.000 élèves privés d’école par des menaces jihadistes au nord de Bamako

Mali: 2.000 élèves privés d’école par des menaces jihadistes au nord de Bamako

Près de 2.000 élèves maliens sont privés d’école depuis une semaine au nord-est de Bamako en raison de menaces de présumés jihadistes qui exigent l’instauration d’un enseignement exclusivement religieux.
“Les jihadistes sont venus la semaine dernière à moto dans notre village. Ils ont regroupé tout le monde dans une mosquée”, a déclaré mardi 6 novembre un enseignant de Toubakoro, près de la localité de Banamba, à environ 140 km au nord-est de Bamako.

« Les jihadistes armés menacent »

“Les jihadistes armés ont demandé de fermer toutes les écoles où le français est enseigné et désormais d’enseigner le Coran”, a poursuivi la même source, soulignant qu’ils ont “clairement menacé de juger et de punir ceux qui ne vont pas respecter la nouvelle loi”.
De sources concordantes, ces présumés jihadistes se réclament du prédicateur radical peul Amadou Koufa, dont le groupe est apparu il y a trois ans dans le centre du Mali, région située à l’est de Banamba.
Ils ont proféré les mêmes menaces la semaine précédente dans les localités voisines de Dandougou, Balala et Ngounado, selon plusieurs sources.
“Dans les mosquées, ils ont demandé la fermeture des écoles ‘françaises’”, a rapporté Aboubacar Ndiaye, un élu local qui “par mesure de précaution” s’est réfugié à Bamako.
“Aujourd’hui, plus de 20 écoles sont fermées dans cinq localités. Ce sont près de 2.000 élèves qui ne vont plus à l’école”, a-t-il indiqué.
“Il y a une panique des populations dans ces localités. C’est la première fois qu’on demande aussi clairement la fermeture des écoles. C’est inquiétant, parce que c’est à moins de 200 km de Bamako”, a souligné cet élu.
Selon une source sécuritaire malienne, “des militaires ont été envoyés à Toubakoro pour assurer la sécurité des populations”.
Lors de la dernière année scolaire, en raison de l’insécurité, 735 écoles sont restées fermées, dont 464 dans la région de Mopti, selon un rapport de l’ONU.
(Source : AFP)