Mali : Accès de violences à Niono et Tombouctou, deux fillettes et un policier tués

Un commissaire de police malien a été tué jeudi 19 septembre par une foule en colère à Niono, à 270 km au nord de Bamako, tandis que des tirs ont été entendus à Tombouctou tuant deux fillettes.

A Niono, “notre commissaire a été tué par des manifestants”, a témoigné un responsable du commissariat de la localité s’exprimant sous le couvert de l’anonymat.

“Les manifestants ont saccagé le commissariat, ils ont brûlé du matériel, d’autres policiers sont blessés”, selon la même source.

“Le commissaire est un ami des bandits. Depuis sa nomination, les vols de motos, les braquages et pillages des boutiques se multiplient”, a accusé un manifestant.

Situation “tendue”

Le calme était revenu en fin de journée mais la situation restait “tendue”. “Certains parlent de possibles représailles de policiers”, a expliqué un adjoint au maire de Niono, selon lequel un enfant a également été grièvement blessé.

Dans le même temps, la mission de l’ONU au Mali (Minusma) s’est dite “vivement préoccupée par une montée de violence intercommunautaire dans certains quartiers de la ville de Tombouctou, dont l’origine exacte reste à déterminer”.

“Des actions sécuritaires coordonnées sont en cours impliquant la Police des Nations unies (Unpol) et la Force de la Minusma avec les Forces de Défense et de Sécurité maliennes”, a précisé la Minusma, en exhortant “les communautés à s’abstenir de recourir à la violence et à régler leurs différends pacifiquement”.

Le CICR fournit des kits d’urgence à l’hôpital

Dans la matinée, des tirs ont été entendus dans le quartier d’Abaradjou, dans le nord de Tombouctou.

“Deux fillettes qui étaient dans un véhicule ont été tuées par des tirs”, a dit une source proche du gouvernorat local sans plus de précision.

“La situation est préoccupante à Tombouctou. Nous avons fourni un appui en kits de soins d’urgence à l’hôpital, où il y a plusieurs blessés”, a déclaré le chef de la délégation du CICR au Mali, Nicolas Marti.

Les tensions sont fréquentes entre les populations sédentaires de la région de Tombouctou et les “peaux claires”, Touareg et Arabes, qu’elles accusent d’être responsables de “braquages à longueur de journée”.

En avril, une manifestation pour le meurtre d’un jeune chauffeur de car avait dégénéré en scènes de pillage visant les communautés touareg et arabe de la localité proche de Goundam.

Les nouvelles tensions ont éclaté après que des inconnus eurent forcé des barrages mis en place par des jeunes de Tombouctou après l’enlèvement pendant trois jours de deux des leurs, selon des témoins.

“Si l’armée malienne ne peut pas nous sécuriser, nous allons nous sécuriser nous-mêmes. C’est nous les vraies natifs de Tombouctou”, a averti un jeune manifestant. (AFP)

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