Mali : Des concertations sur la transition, sans l’ex-rébellion

Des concertations nationales sur les modalités d’une restauration du pouvoir civil au Mali se sont ouvertes samedi 5 septembre, sans l’ex-rébellion à dominante touareg, faute d’entente avec la junte.

Des consultations nationales se sont ouvertes samedi matin au Centre international de conférences de Bamako, à l’initiative de la junte au pouvoir au Mali depuis le coup d’Etat du 18 août.

“Nous abordons une nouvelle histoire de notre pays. Cette étape cruciale nécessite une profonde réflexion et l’implication de l’ensemble des filles et des fils de la nation”, a déclaré à l’ouverture des travaux Malick Diaw, n°2 du Comité national pour le salut du peuple (CNSP) mis en place par les putschistes.

Etaient présentes les “forces vives du pays” – partis politiques, société civile et groupes armés – mais aucun représentant de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), l’ex-rébellion à dominante touareg, signataire de l’accord de paix de 2015 destiné à mettre fin à la crise traversée par le pays depuis 2012.

Boycott de la CMA

Dans un communiqué, la CMA juge que “les mesures de confiance nécessaires à la construction d’un partenariat pour des responsabilités partagées ne semblent pas d’actualité”.

“Les calendriers établis pour des concertations d’une importance capitale laissent apparaître un dilettantisme peu rassurant”, poursuit-elle, après le report par la junte d’une visite jeudi à Kidal (nord-est), bastion de l’ex-rébellion, justifié par les militaires par les conditions météorologiques.

La CMA “ne saurait cautionner aucun processus sans concertations participatives et consensuelles”, ajoute-t-elle.

A Kidal, “les concertations ont été reportées faute de compromis entre le CNSP et la CMA”, a confié un responsable administratif.

Quelle transition ?

Un groupe de colonels a renversé le 18 août le président Ibrahim Boubacar Keïta, au pouvoir depuis sept ans et affaibli par des mois de contestation face à la grave crise sécuritaire, économique et institutionnelle traversée par le pays, mais aussi la corruption reprochée à toute la classe politique.

La junte a promis de rendre les commandes aux civils à l’issue d’une transition. Mais la forme et la durée de cette transition, deux sujets de friction avec la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cédéao), qui a imposé des sanctions aux nouveaux dirigeants militaires, ne sont pas encore fixées.

La junte a proposé initialement une transition de trois ans sous la conduite d’un militaire, avant de rabaisser la barre à deux et de se dire ouverte sur le choix de son chef. Le Mouvement du 5-Juin/Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP), en tête de la protestation anti-Keïta, a de son côté proposé une transition de 18 à 24 mois, avec des civils aux commandes.

Pour les militaires, le temps presse: les dirigeants ouest-africains, qui ont réclamé une “transition civile” et des élections sous 12 mois, se réunissent ce lundi avec le Mali à l’ordre du jour.

Après s’être d’abord surtout entretenus avec les représentants étrangers pour les rassurer mais aussi demander la levée des sanctions de la Cédéao, les militaires ont reçu séparément les représentants du M5-RFP et des responsables de partis ou de syndicats.

Ces consultations débutées à Bamako reprendront le week-end prochain ans la capitale malienne, “avec la participation des délégués régionaux et ceux de la diaspora”, a précisé Ismaël Wagué, le porte-parole du CNSP.

Elles doivent se poursuivre dans les capitales régionales du Mali, sous la houlette des gouverneurs de régions, selon la junte. (Le JD avec agences)

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