Mali : Faible participation aux législatives, marquées par les actes jihadistes et le coronavirus

La participation aux élections législatives du 29 mars au Mali a été faible, avec à peine plus d’un tiers des électeurs ayant répondu présents, ont indiqué jeudi 2 avril les autorités, quatre jours après un scrutin marqué par des attaques jihadistes et la crainte du coronavirus.

Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta vote à Bamako, dimanche 29 mars (Photo : Xinhua)

Le ministre de l’Administration territoriale, Boubacar Alpha Bah, a confirmé lors d’une conférence de presse que la participation avait été inférieure aux attentes. Il s’agit “encore d’un défi à relever dans notre démocratie”, a-t-il dit.

Ce taux s’est établi à 35,73%, a-t-il précisé, “en dépit de la campagne de sensibilisation, de tout le dispositif de prévention contre le Covid-19 et du déploiement des forces de défense et de sécurité pour la sécurisation du scrutin”.

Un second tour sera nécessaire pour départager les candidats dans plus de 70% des circonscriptions.

Second tour le 19 avril

Les listes dans lesquelles figurent des candidats soutenant le président Ibrahim Boubacar Keïta sont majoritairement en ballottage favorable en vue de ce second tour, prévu le 19 avril, selon la même source.

Comme on pouvait le craindre dans ce pays soumis aux attaques jihadistes depuis 2012, ces législatives, reportées depuis deux ans, ont été entachées par des enlèvements d’agents électoraux, le pillage de bureaux de vote et l’explosion d’une mine qui a fait neuf morts, dont le musicien Hama Sankaré, qui a officié notamment au côté du légendaire Ali Farka Touré.

L’atmosphère délétère de la campagne avait été encore assombrie quelque jour avant le vote par l’enlèvement, vraisemblablement par un groupe lié à Al-Quaïda, du chef de file de l’opposition, Soumaïla Cissé, et l’apparition le même jour dans le pays du premier cas déclaré de coronavirus.

Soumaïla Cissé, dont on est toujours sans nouvelle, a été élu dès le premier tour dans son fief de Niafounké, dans la région de Tombouctou (nord), selon le ministère.

Le renouvellement des 147 sièges à l’Assemblée nationale, afin de lui garantir une plus grande légitimité, est considéré comme une étape importante dans l’application de l’accord de paix de 2015. (AFP)

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