Migrants en Bosnie : L’UE accroît son aide, appelle à rebâtir le camp Lipa

L’UE a annoncé dimanche 3 janvier accroître de 3,5 millions d’euros son assistance humanitaire pour aider les migrants en Bosnie, dont elle juge les conditions “inacceptables”, et a appelé à reconstruire le camp de Lipa récemment incendié.

Le camp de Lipa en flammes, le 23 décembre (Photo : OIM)

Ces fonds supplémentaires, destinés à “aider les réfugiés et migrants
vulnérables confrontés à un désastre humanitaire en Bosnie”, s’ajoutent aux 4,5
millions d’euros alloués par Bruxelles en avril 2020, a précisé la Commission
européenne dans un communiqué.

Depuis qu’un incendie a ravagé le 23 décembre leur camp proche de la ville
bosnienne de Bihac (nord-ouest), un millier de migrants sont sans abri, aux
frontières de l’UE, par un temps très froid et pluvieux.

“La situation est inacceptable. Un hébergement adapté à l’hiver est
indispensable pour des conditions de vie humaines, qui doivent être garanties
à tous moments”, a souligné le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell,
cité dans le communiqué.

“Les autorités locales doivent mettre à disposition leurs structures
existantes disponibles et fournir une solution temporaire (d’hébergement) en
attendant que le camp Lipa soit reconstruit en une infrastructure permanente”,
a-t-il insisté.

La Commission, qui finance le fonctionnement de plusieurs centres d’accueil
pour les migrants en Bosnie, et l’Organisation internationale pour les
migrations (OIM) réclament la réouverture d’un centre à Bihac, mais les
autorités municipales et cantonales s’y opposent.

“Besoin urgent de solutions à long terme”

Dans ce pays très décentralisé, le gouvernement fédéral, qui souhaite
également la réouverture de ce centre capable d’accueillir 2.000 personnes,
ne peut pas l’imposer au pouvoir local.

Si l’aide humanitaire de l’UE “aidera à fournir aux personnes en détresse
un accès aux articles de première nécessité”, “il y a cependant un besoin
urgent de solutions à long terme. Nous appelons les autorités à ne pas laisser
les gens dans le froid au milieu d’une pandémie”, a ajouté M. Borrell.

Le centre Lipa, du nom de la localité où il se trouvait, ouvert en avril, a
été abandonné le 23 décembre par les équipes de l’OIM, son gestionnaire, parce
que les conditions n’y étaient pas réunies pour abriter ses résidents pendant
l’hiver.

Il n’avait jamais été raccordé au réseau électrique et n’avait pas d’eau
courante. Il a été incendié aussitôt après, selon la police, vraisemblablement
par des migrants eux-mêmes pour protester contre le retrait de l’OIM. (AFP)

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