Migrations : L’ONU demande 100 millions de dollars pour “offrir des alternatives” à la traversée maritime

Les Nations unies ont demandé mercredi 27 janvier 100 millions de dollars pour limiter le recours aux dangereux périples terrestres et maritimes pour rejoindre l’Europe.

Des migrants au large de la Libye, en décembre 2016 (Photo : MSF)

Le Haut-commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) “sollicite un peu plus de 100 millions de dollars pour renforcer la protection, dans les pays africains, des réfugiés en route vers la Méditerranée”, indique l’agence dans un communiqué.

“La priorité absolue est d’offrir des alternatives sûres et viables à ces dangereux périples caractérisés par les abus et la mort”, ajoute-t-elle.

Le HCR se dit “profondément préoccupé” par l’escalade des conflits et l’ampleur des déplacements au Sahel, par les nouveaux mouvements de population à l’est et dans la Corne de l’Afrique, et par l’augmentation des arrivées par mer dans les îles Canaries.

Durant la seule année 2020, un total de 1.064 décès ont été enregistrés dans la zone centrale et occidentale de la Méditerranée.

La violence au Sahel a déjà forcé à ce jour environ 2,9 millions de personnes à fuir, selon le HCR.
Et en l’absence de perspectives de paix et de stabilité dans la région, “il est fort probable” que d’autres mouvements de population se produiront de nouveau et que beaucoup continueront à tenter la périlleuse traversée maritime vers l’Europe, s’inquiète l’organisation.

“Des besoins immenses et urgents”

Avant de tenter la traversée, nombreux sont ceux qui fuient dans d’autres pays sur le continent africain.

“Beaucoup de ces personnes fuient les violences et la persécution et ont des besoins immenses et urgents en matière de protection. Il est essentiel qu’un soutien vital ainsi que des services de protection leur soient assurés dans les pays vers lesquels elles ont fui initialement”, a indiqué l’envoyé spécial du HCR pour la situation en Méditerranée centrale, Vincent Cochetel.

“Nous recevons des témoignages poignants des brutalités et des abus dont sont victimes les réfugiés et les migrants sur les routes qui mènent à la Méditerranée. Beaucoup sont la proie de trafiquants et de passeurs et sont maltraités, extorqués, violés et parfois tués ou laissés pour morts”, a-t-il souligné.

Quelque 70.650 personnes sont parties en 2020 de Libye (+58%), Tunisie (+310%) et Algérie (+209%), soit globalement 141% de plus que l’année précédente, selon le HCR.

“Il est, pour nous, presque trop tard pour intervenir lorsque les gens arrivent en Libye ou dans le Sahara occidental. Il faut investir (…) tout au long du parcours, et pas seulement dans les Etats côtiers”, a relevé l’envoyé du HCR.

L’appel de fonds lancé par le HCR découle du plan d’action stratégique pour 2021 lancé par l’organisation qui vise à accroître l’accès, l’identification et l’assistance aux réfugiés le long de leur itinéraire, ainsi qu’à améliorer l’accès à l’éducation et aux moyens de subsistance dans les pays d’asile.

Le HCR appelle par ailleurs les Etats à favoriser les voies d’accès sûres et légales pour les réfugiés, y compris par le biais du regroupement familial.

“Nous devons développer les capacités d’asile dans plusieurs pays, y compris en Afrique du Nord, où le cadre juridique pour les réfugiés reste inexistant”, a insisté M. Cochetel. (AFP)

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