Sept humanitaires assassinés au Niger

Six Français et deux Nigériens, pour la plupart des agents de l’ONG française Acted et du groupe de réflexion suisse Impact Initiatives, membre du groupe Acted, ont été tués dimanche 9 août par des hommes armés dans la zone touristique de Kouré, au Niger.

Des panneaux solaires installés par Acted au Niger pour permettre la distribution d’eau potable dans la région de Diffa (Photo : Acted)

“Il y a huit morts: deux Nigériens dont un guide (touristique) et un
chauffeur, les six autres sont des Français”, a déclaré le gouverneur
de Tillabéri (sud-ouest), Tidjani Ibrahim Katiella.

Paris a confirmé que des Français avaient péri, sans en donner le nombre.

“Parmi les huit personnes tuées au Niger, plusieurs sont des Français,
salariés d’Acted”, a indiqué pour sa part Joseph Breham, avocat de
l’ONG.

Les victimes sont quatre hommes et quatre femmes âgés de 25 à 50 ans.

Dans un communiqué conjoint, Acted et Impact évoquent “la mort de sept de nos collègues ainsi que de leur guide au Niger, assassinés lâchement et sans raison”.

“L’attaque a eu lieu vers 11h30, à 6 km à l’est de la localité
de Kouré”, qui abrite les derniers troupeaux de girafes d’Afrique de l’ouest,
à une heure de route de Niamey sur la route nationale
numéro 1, a expliqué une source proche des services de
l’environnement.

“La plupart des victimes ont été abattues par balles et une femme qui a
réussi à s’enfuir a été rattrapée et égorgée. Sur place, on a trouvé un
chargeur vidé de ses cartouches”, a relevé cette source. “On ne connaît pas
l’identité des assaillants mais ils sont venus à motos à travers la brousse et
ont attendu l’arrivée des touristes”.

Cette source a décrit des corps gisant, côte à côte, près d’un
“véhicule 4×4 qui appartient à l’ONG Acted”, à moitié incendié et aux portières ouvertes.
Des traces de balles étaient visibles sur la vitre arrière du véhicule. L’un des corps était
carbonisé. D’autres présentaient des blessures mortelles à la tête.

Lors d’une conférence de presse, lundi, Acted a jugé “déplorable” que la
communauté internationale ne garantisse pas davantage la sécurité des
humanitaires.

“La communauté internationale (doit réaliser) la contradiction qu’il y a
entre nous demander de soutenir ces populations qui vivent de façon dramatique
et nous laisser seuls confrontés à une violence où nous sommes devenus les
cibles les plus faciles”, a déclaré le cofondateur d’Acted Frédéric Roussel.

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