Présidentielle au Burkina : Kaboré réélu au 1er tour pour un deuxième mandat

Le président sortant Roch Marc Christian Kaboré a été réélu dès le premier tour (57,87% des suffrages) à la tête du Burkina Faso pour un deuxième mandat, a annoncé jeudi le président de la Commission électorale indépendante (Céni) Newton Ahmed Barry.

Roch Marc Christian Kaboré (Photo : ONU/Archives)

“M. Kaboré, Roch Christian Marc, avec 57,87% des suffrages, est déclaré élu provisoirement dès le premier tour comme président du Faso”, a affirmé M. Barry.

Eddie Komboïgo, candidat du parti de l’ex-président Blaise Compaoré, arrive deuxième avec 15,48% des voix devant Zephirin Diabré (12,46%), considéré comme le chef de l’opposition jusque-là.

M. Kaboré a promis une “concertation permanente” pour “construire un Burkina Faso meilleur”, lors d’une intervention quelques minutes après l’annonce de sa réélection.

“Je mettrai tous mes efforts pour que dans la concertation permanente, dans l’échange (…) nous puissions ensemble travailler à la paix et au développement de notre pays”, a-t-il dit au siège de campagne de son parti, le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), à Ouagadougou.

« Construire ensemble un Burkina Faso meilleur »

“Dans une élection, il y a un vainqueur et des gens qui ont perdu. Mais cela
ne doit pas nous détourner du fait que nous sommes tous des Burkinabè aspirant
à construire ensemble un Burkina Faso meilleur pour l’ensemble des
populations” a-t-il ajouté.

“C’est une victoire (…). Il y a la joie que nous avons au coeur mais
c’est également une responsabilité importante: celle d’être le président de
tous les Burkinabè sans exception”, a-t-il poursuivi, tendant ainsi la main à
l’opposition qui a menacé de ne pas reconnaître les résultats après avoir
dénoncé des fraudes.

“Tout ce qui concerne les questions sécuritaires, de réconciliation
nationale, de développement, l’amélioration des conditions de vie des
populations sont des questions pertinentes auxquelles nous allons atteler très
rapidement”, a-t-il promis.

“Je souhaite qu’ensemble nous puissions bâtir notre patrie dans la paix, la
sécurité et le développement pour tous”, a-t-il conclu.

Le double scrutin présidentiel et législatif s’est déroulé dimanche sous
haute tension sécuritaire, le Burkina Faso vivant ses heures les plus sombres
depuis l’indépendance, miné par des attaques de groupes jihadistes qui ont
fait au moins 1.200 morts en cinq ans.

Le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU pour l’Afrique de
l’Ouest et du Sahel, Mohamed Ibn Chambas, s’est félicité mercredi du
“déroulement pacifique du processus électoral”, après une entrevue avec le
président Kaboré.

Protestations de l’opposition

Il a aussi évoqué les protestations de l’opposition qui ont menacé de pas
reconnaître les résultats.

“Le processus n’est pas encore achevé. Les Nations unies s’associent aux
efforts de la Cédéao (Communauté économique des Etats de l’Afrique de
l’Ouest), de l’Union africaine (UA) et de l’OIF (Organisation internationale
de la francophonie) pour encourager vivement les acteurs politiques à
permettre la poursuite du processus électoral dans les meilleures conditions
et à recourir aux voies constitutionnelles et légales existantes pour régler
les contentieux éventuels”, a-t-il dit.

Une mission tripartite de la Cédéao, de l’ONU et de l’UA, présente au
Burkina pour observer le scrutin, a de son côté rencontré des membres de
l’opposition et de la majorité pour une “diplomatie préventive”, selon un
membre de la mission.

L’opposition burkinabè a estimé lundi que le scrutin était “émaillé de
fraudes” et a menacé de “ne pas accepter des résultats entachés
d’irrégularités”. Elle avait déjà affirmé, à la veille du scrutin, qu’une
“fraude massive” était en préparation.

Parmi les griefs cités par l’opposition figurent la non-ouverture ou
l’ouverture tardive de bureaux de votes, le transport non sécurisé des urnes,
le manque de matériels ou de personnels ou encore la modification arbitraire
de la cartographie des bureaux de vote.

Les partis de la majorité présidentielle ont appelé mardi au “respect des
résultats” du scrutin, considérant que “les insuffisances relevées, bien que
regrettables, ne sont pas d’une ampleur susceptible d’impacter de manière
significative le résultat du scrutin”.

Les élections n’ont pas pu se dérouler sur au moins un cinquième du
territoire, privant entre 300 et 350.000 personnes de vote, selon la
commission électorale. (AFP)

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