RDC : Arrestation d’un officier condamné pour le meurtre d’un activiste des droits humains

Un officier de police congolais, condamné pour le meurtre en 2010 d’un militant des droits humains en République démocratique du Congo (RDC), a été arrêté jeudi 3 septembre.

“Le commandant Christian Ngoy Kenga Kenga, considéré comme fugitif dans cette affaire, a été arrêté hier à Lubumbashi (sud-est) sous des accusations de ‘détention d’armes de guerre’”, a indiqué vendredi la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH) dans un communiqué.

En fuite, M. Ngoy Kenga Kenga avait été condamné en 2011 pour le meurtre du défenseur des droits de l’homme Floribert Chebeya et de son chauffeur.

Tous deux avaient disparu à Kinshasa le 1er juin 2010 après un rendez-vous au siège de l’Inspection générale de la police. Le corps de M. Chebeya, fondateur de l’ONG la Voix des Sans-Voix (VSV), avait été retrouvé le lendemain, celui de son chauffeur ne l’a jamais été.

“Un espoir pour la justice et la vérité”

“Christian Ngoy était en fuite depuis le double assassinat et circulait en toute liberté dans le sud de la RDC, bien que condamné lors du procès en première instance en 2011”, selon la FIDH, qui dénonce “une parodie de justice”.

Son arrestation “constitue un espoir pour la justice et la vérité”, note toutefois l’ONG.

“Il est désormais temps d’identifier, d’arrêter, de juger et de sanctionner l’ensemble des responsables impliqués dans cette affaire”, poursuit la FIDH qui soupçonne l’ancien Inspecteur général de la police, John Numbi, “d’être le commanditaire des crimes”.

Les deux victimes ont disparu alors qu’elles avaient rendez-vous avec John Numbi.
Cinq policiers – dont trois en fuite, parmi lesquels le commandant Christian Ngoy Kenga Kenga – avaient été condamnés à l’issue d’un procès devant la justice militaire en 2011 et trois avaient été acquittés. Le général John Numbi avait été entendu comme témoin.

En septembre 2015, la justice militaire congolaise a acquitté en appel un des policiers condamnés, allégé la condamnation d’un autre et confirmé l’acquittement des trois autres.

Sous sanctions occidentales, le général John Numbi a été démis de ses nouvelles fonctions d’Inspecteur général de l’armée en juillet dernier sur décision du président de la République, Félix Tshisekedi, élu fin 2018. (AFP)

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