RDC : La lutte contre Ebola entravée par les opérations militaires

Les opérations militaires lancées par l’armée congolaise dans le nord-est de la RDC pour en déloger des groupes armés entravent la lutte contre l’épidémie d’Ebola, a déploré vendredi 22 novembre l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Le centre de traitement d’Ebola de Beni (Photo : Banque mondiale)

“Nous voulons simplement exprimer à quel point nous sommes alarmés par le fait que le manque d’accès et de sécurité nous empêche maintenant de mettre un terme à cette épidémie”, a déclaré le Dr Mike Ryan, directeur des programmes d’urgence de l’OMS, lors d’un point de presse à Genève.

Opérations armées et représailles

L’armée congolaise a annoncé le 30 octobre des opérations unilatérales contre les rebelles ADF. Depuis, ce groupe armé mène des représailles contre les civils.

Plus de 60 civils ont été massacrés dans la région de Beni (province du Nord-Kivu, épicentre de l’épidémie d’Ebola), depuis début novembre.

“Malheureusement, au cours des deux dernières semaines, le nombre d’incidents de sécurité a presque doublé dans bon nombre de ces zones, y compris à Oïcha et Beni”, empêchant ses équipes et celles de ses partenaires de mettre un terme à l’épidémie qui sévit depuis août 2018, a déploré M. Ryan.

“Nous sommes si près d’en terminer”

“Nous sommes si près d’en terminer (avec Ebola) que si nous perdons cette occasion, nous devrons faire face à cette réalité pendant des mois à venir”, a-t-il insisté.

Cette 10e épidémie de fièvre hémorragique sur le sol congolais a tué près de 2.200 personnes, sur quelque 3.300 cas.

Alors que la panoplie de moyens de lutte s’est enrichie d’un deuxième vaccin, le président congolais Félix Tshisekedi a récemment estimé que l’épidémie devrait être éradiquée “d’ici à la fin de l’année”.

“Le nombre de cas hebdomadaires a diminué progressivement, avec seulement 7 cas signalés au cours de la dernière semaine. (…) C’est une bonne nouvelle”, a reconnu Mike Ryan.

Mais, a-t-il ajouté, “la mauvaise nouvelle, c’est que dans certaines zones clés, l’épidémie d’Ebola est actuellement corrélée avec la violence qui y sévit” car l’insécurité empêche de suivre les contacts des personnes malades. (AFP)

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