RDC : Nouveaux massacres dans le nord-est, une quarantaine de morts en une semaine

Une quinzaine de civils ont été décapités jeudi 5 décembre dans un nouveau massacre près de Beni (Nord-Kivu, est de la République démocratique du Congo), ont rapporté des sources de la société civile.

Capture d’écran du site de Lucha

La tuerie, attribuée au groupe armé des Forces démocratiques alliées (ADF) a eu lieu au nord de Beni dans la zone de Mbau.

“Seize corps décapités ont été retrouvés”, a déclaré Jamal Moussa, porte-parole du réseau d’organisations de la société civile de Mbau.

“Les terroristes du groupe ADF ont attaqué en plein jour, d’abord dans la brousse où des gens étaient dans leurs champs puis dans le village”.

Le même jour, trois personnes ont été blessées par un engin explosif à Beni-ville, a indiqué un responsable local, soit un nouveau mode opératoire dans cette région.

“Deux passagers d’une moto ont lancé un engin qui a explosé sur un marché faisant deux blessés graves et un blessé léger”, a déclaré Alois Mbwarara, bourgmestre de Rwenzori, l’une des quatre communes de la ville.

Dans la nuit du mercredi 4 au jeudi 5 décembre, trois personnes ont été tuées chez elles à Oicha (30 km au nord de Beni)”, a rapporté Donat Kibwana, administrateur du territoire de Beni, accusant les ADF.

Onze cadavres retrouvés

Par ailleurs, onze cadavres ont été retrouvés et enterrés mercredi à Orototo, près de la frontière avec l’Ouganda, selon David Mowaze, président de la société civile de la chefferie de Watalinga.

“Neuf femmes et deux hommes ont été massacrés à Orototo dans la nuit de lundi 2 à mardi 3 décembre”, a détaillé le mouvement citoyen Lutte pour le changement (Lucha) sur Twitter.
La radio onusienne Okapi avance, elle, un bilan de 18 morts pour cette dernière attaque.

Représailles

Selon les experts, ces massacres visent les civils en représailles aux opérations militaires annoncées fin octobre par l’armée congolaise contre les bases ADF.
Beni vit dans la psychose de ces attaques qui ont tué plus de 100 personnes en un mois.

Cinq personnes sont mortes lundi 2 décembre dans de nouvelles manifestations dénonçant la passivité des autorités mais aussi des Casques bleus.

Huit militaires ont été lynchés en trois jours par la population qui les avait pris pour des membres des ADF, d’après l’armée.

Attaques anti-ONU “planifiées, organisées et financées”

Le procureur militaire a ouvert une information judiciaire contre les organisateurs des manifestations, dont un groupe appelé “Je suis Beni”. Il leur est reproché d’avoir recours “aux groupes armés Maï Maï (rebelles ou groupe d’auto-défense congolais, ndlr) dans les différentes manifestations depuis le 25 novembre”.

Tout en annonçant la reprise d’opérations conjointes avec l’armée congolaise, le chef des opérations de la paix des Nations unies, Jean-Pierre Lacroix, a estimé que les attaques anti-ONU avaient été “planifiées, organisées et financées”, sans toutefois citer de noms.

“Il ne faut pas qu’il y ait d’impunité. Il faut que les responsables à tous les niveaux soient démasqués et qu’ils puissent répondre leurs actes”, a-t-il conclu, à l’issue de sa visite en RDC. (Le JD avec AFP)

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