Sahel : Le plan d’aide humanitaire financé à seulement 15%

Le plan d’aide humanitaire de 3,8 milliards de dollars visant à aider 30 millions de personnes au Sahel, n’est financé pour l’heure qu’à hauteur de 15%, a indiqué l’ONU lundi 27 juin.

Un centre du PAM à Guidam Makadam, au Niger (Photo : PAM)

« Les efforts liés à la crise au Sahel sont toujours dangereusement sous-financés. L’ONU a demandé une somme de 3,8 milliards de dollars pour répondre aux besoins au Burkina Faso, au Cameroun, au Mali, au Niger, au Nigeria et au Tchad. A ce jour, l’appel n’est financé qu’à hauteur de 15% », a déclaré Stéphane Dujarric, porte-parole du secrétaire général de l’ONU.

Dans la région du Sahel, plus de 30 millions de personnes « ont besoin d’une aide vitale et de protection », soit une augmentation de presque 2 millions en un an, a précisé M. Dujarric.

Entre les mois de juin et d’août de cette année, plus de 18,6 millions de personnes, soit 5% de la population totale du Sahel, devraient vivre une insécurité alimentaire grave, prédit l’ONU.

Mardi, le Programme alimentaire mondial (PAM) a rapporté que plus de 12 millions de personnes étaient menacées d’une « grave insécurité alimentaire » dans les pays du G5 Sahel (Mali, Niger, Burkina Faso, Mauritanie et Tchad).

« Un tournant critique »

Evoquant les conflits, le climat, l’impact économique du Covid-19 et la montée en flèche des prix des denrées alimentaires, du carburant et des engrais, le PAM a estimé que la région était à « un tournant critique ».

Seulement 46% des besoins en engrais de la région ont été satisfaits, relève l’agence onusienne. Ce chiffre tombe à 12% des besoins du Burkina Faso et 24% de ceux du Mali. 

« Cela pourrait entraîner une baisse de 20% de la production agricole dans la région en 2022 par rapport à la moyenne de 2017-2020. Nous envisageons donc maintenant l’avenir avec un niveau d’inquiétude encore plus élevé, car la disponibilité alimentaire dans la région est mise en péril », a mis en garde Alexandre Le Cuziat, conseiller principal chargé de la préparation et la réponse aux urgences au bureau du PAM en Afrique de l’Ouest.

Avant même le conflit en Ukraine, le PAM a été contraint de réduire les rations jusqu’à 50% au Nigeria, en République centrafricaine, au Tchad, au Burkina Faso, au Cameroun, au Mali, en Mauritanie et au Niger, en raison de la réduction des financements.

Pour éviter que le Sahel ne devienne une « catastrophe humanitaire totale », l’agence a besoin « d’urgence » de 329 millions de dollars au cours des six prochains mois pour ses opérations dans les cinq pays du Sahel, rappelle-t-elle.

(Le JD)

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