Sauvetage de migrants : MSF arrête ses opérations en mer avec SOS Méditerranée

Médecins sans frontières a annoncé vendredi 17 avril cesser ses missions de sauvetage de migrants en mer à bord de l’Ocean Viking, faute de parvenir à s’entendre avec SOS Méditerranée, qui l’affrète, sur la possibilité d’opérer malgré la crise du Covid-19.

L’Ocean Viking (Photo : SOS Méditerranée)

MSF a mis fin au partenariat qui liait depuis quatre ans les deux associations et qui a permis de sauver 30.000 personnes en Méditerranée.

A l’origine de ce divorce, l’appel lancé par l’Allemagne pour que les ONG cessent leurs activités de recherche et sauvetage, et les décisions de l’Italie et de Malte de fermer leurs ports, du fait de la pandémie.

De fait, SOS Méditerranée a considéré que “les conditions de sécurité n’étaient malheureusement plus réunies pour les équipages et les personnes secourues”, a expliqué Sophie Beau, sa directrice générale.

Reprendre la mer, c’était prendre le risque de se retrouver “face à des situations de blocage qui s’éternisent en mer”, “sans aucune garantie de débarquement”, et “des évacuations médicales rendues très hasardeuses du fait des conditions de crise sanitaire”.

“Impératif humanitaire”

MSF, de son côté, aurait souhaité poursuivre les sauvetages à bord de l’Ocean Viking, même sans garantie des Etats européens de pouvoir débarquer les personnes secourues, au nom de “l’impératif humanitaire”, a déclaré Hassiba Hadj Sahraoui, chargée des questions humanitaires.

“En tant qu’organisation humanitaire médicale d’urgence répondant à la pandémie en Europe et au-delà, MSF est consciente des défis présentés par le Covid-19”, a souligné Annemarie Loof, responsable des opérations de MSF. “Mais la sauvegarde du bien-être des personnes à terre et le respect du devoir de sauver des vies en mer ne sont pas des principes qui s’excluent mutuellement”.

MSF met directement en cause la responsabilité des Etats européens, qui “continuent de se dérober devant leur responsabilité, contrecarrant sans relâche les efforts des ONG”.

“La lutte contre le Covid-19 ne doit pas être un prétexte pour imposer des politiques migratoires meurtrières”, a ajouté l’ONG, qui appelle à lever “immédiatement les restrictions empêchant les ONG de sauver des vies en mer”.

Elle accuse Malte et l’Italie de ne pas avoir répondu à plusieurs appels de détresse et refusé “le débarquement à près de 200 personnes” par d’autres ONG pendant le week-end de Pâques.
Jusqu’à nouvel ordre, l’Ocean Viking restera à Marseille, son port d’attache.

SOS Méditerranée, qui travaillait à l’origine avec Médecins du Monde, espère toutefois reprendre dès que possible ses opérations, sans MSF, pour éviter “que la crise sanitaire n’en cache une autre”, humanitaire, en Méditerranée. (Le JD avec agences)

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