Sénégal : Des aides pour 500.000 ménages démunis

Le président sénégalais Macky Sall a lancé mardi à Dakar un programme d’allocations financières pour plus d’un demi-million de ménages démunis, afin de les aider à faire face aux effets de la guerre en Ukraine et de l’épidémie de Covid-19.

Une vendeuse dans une rue de Dakar (Photo : Xinhua)

“Pour apporter des solutions à la conjoncture défavorable, j’ai décidé du
soutien à la résilience de 542.956 ménages pour recevoir de la part de l’Etat
un cash transfert financier exceptionnel d’un montant de 43,4 milliards de
FCFA”, soit 66 millions d’euros, a déclaré le président Sall, lors d’une cérémonie
au Grand Théâtre de Dakar.

121 euros par ménage

“L’objectif visé est de donner 80.000 FCFA (121 euros) par ménage et
améliorer leur niveau de consommation et l’éducation de leurs enfants”, a
ajouté le président Sall, évoquant une “mesure d’urgence
exceptionnelle”.

L’Etat va utiliser des paiements mobiles pour le transfert de fonds aux
ménages pauvres, ont précisé les autorités.

Au Sénégal, un pays de plus de 17 millions d’habitants, le salaire
minimum est de 75 euros.

Depuis le début de la guerre en Ukraine fin février, les cours du pétrole
se sont envolés sur les marchés mondiaux, alimentant une forte hausse des prix
des carburants et des produits alimentaires dans de très nombreux pays dont le
Sénégal.

Les fonds de cette opération sont issus d’un projet de
la Banque mondiale, avec d’autres bailleurs dont l’Allemagne et le
Royaume-uni, a indiqué le directeur des Opérations de la Banque mondiale pour
le Sénégal, Nathan Belete.

Inflation

L’économie du Sénégal a retrouvé l’an passé sa trajectoire de croissance
d’avant la pandémie de Covid-19 mais la guerre en Ukraine “assombrit les
perspectives” économiques, estimait en mars le Fonds monétaire international
(FMI) dans un communiqué.

La hausse des prix mondiaux des produits alimentaires et de l’énergie
provoquée par ce conflit s’ajoute “aux séquelles de la pandémie, à
l’insécurité régionale et à l’augmentation des revendications sociales à
l’approche des élections parlementaires de juillet”, a souligné récemment
Edward Gemayel, qui a dirigé une mission du FMI au Sénégal du 9 au 15 mars.

“Tous ces éléments accroissent les risques de ralentissement de la
croissance économique et se traduiront probablement par une aggravation des
pressions inflationnistes et une augmentation considérable des dépenses
publiques”, avait commenté M. Gemayel.

(AFP)

 

TAGS