Sénégal : Couvre-feu allégé après des émeutes

Le gouvernement sénégalais a annoncé jeudi 4 juin un allègement du couvre-feu nocturne et une reprise des transports entre les villes après deux nuits d’incidents et de protestations contre les mesures destinées à contenir le Covid-19.

Le couvre-feu qui entrait en vigueur à 21h est repoussé à 23h et prend fin à 5h du matin, a annoncé le ministre de l’Intérieur Aly Ngouille Ndiaye.

“A compter de ce jour, il sera prononcé la levée des restrictions de transport sur l’étendue du territoire national avec le maintien du couvre-feu de 23h à 5h du matin”, a affirmé le ministre dans une intervention retransmise sur la télévision publique.

“Les réunions dans les endroits publics ou privés, les restaurants, les salles de sport, les casinos vont bénéficier de ces mêmes mesures d’assouplissement”, a-t-il ajouté.

La grogne était montée contre les restrictions imposées aux mouvements et aux activités depuis mars. Elles affectent particulièrement les personnes défavorisées dans un pays où 40% de la population vit sous le seuil de pauvreté selon la Banque mondiale et où beaucoup vivent au jour le jour dans l’économie informelle.

Dakar et plusieurs villes ont été le théâtre de protestations au cours des deux nuits précédentes, des Sénégalais descendant dans la rue après l’entrée en vigueur du couvre-feu, incendiant des pneus, dressant des barrages et lançant des pierres contre les forces de l’ordre.

Deux nuits d’incidents

Les policiers et les gendarmes ont dispersé les protestataires à coups de gaz lacrymogènes. L’armée, déjà mobilisée préalablement, a apporté son soutien et les réseaux sociaux ont diffusé des images de véhicules militaires dans les rues.

La contestation a, fait exceptionnel, touché la ville religieuse de Touba, à 200 km à l’est de Dakar. Des véhicules de police et une ambulance y ont été brûlés et le centre de traitement des malades du Covid-19 y a été attaqué, selon un officiel.

Plus de 200 personnes ont été arrêtées dans le pays, a dit le ministre de l’Intérieur jeudi.

Le Sénégal a aussi connu une grève des professionnels du transport, secteur sévèrement affecté par l’interdiction de circuler entre les villes.

C’est toute l’économie de ce pays visant à atteindre l’émergence qui accuse le coup de la pandémie depuis le premier cas déclaré, le 2 mars.

Le Sénégal vient de prolonger jusqu’au 30 juin la suspension de tous les vols de passagers au départ ou à destination du pays. Les principales activités économiques, l’agriculture, le tourisme, les programmes d’hydrocarbures, les grands chantiers subissent le contrecoup.

La pandémie reste relativement contenue. Les autorités ont déclaré plus de 4.000 cas de contamination, dont 45 décès.

La contagion continue cependant à progresser et le pays a repoussé à la dernière minute le retour en classe de près de 500.000 élèves prévu mardi matin.

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