Somalie : Le représentant de l’ONU expulsé pour « ingérence délibérée »

Nicholas Haysom, jeudi 3 janvier à New York (Photo : ONU)

Le gouvernement somalien a ordonné à l’émissaire des Nations unies de quitter le territoire, en l’accusant d’“ingérence délibérée” dans sa “souveraineté”.

“Le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU pour la Somalie, Nicholas Haysom, n’est plus le bienvenu en Somalie et ne peut plus travailler dans le pays”, a déclaré mardi 2 janvier le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

Cette décision survient quelques jours après que M. Haysom, un avocat sud-africain et diplomate expérimenté, eut exprimé son inquiétude face aux agissements des forces de l’ordre, qui bénéficient du soutien de l’ONU, dans des violences récentes ayant fait plusieurs morts.

Dans un courrier adressé au gouvernement somalien le 30 décembre, M. Haysom demandait des explications sur la légalité de l’arrestation de Muktar Robow, un ancien haut responsable des islamistes radicaux somaliens shebab, et appelait à une enquête sur la répression policière.

Celui qui est aussi le chef de la Mission d’assistance des Nations unies en Somalie (Manusom) y rappelait que le soutien de l’ONU à toute force de police était conditionné au respect des droits de l’homme.

L’ONU a déclaré regretter “profondément” la décision de la Somalie.

Le porte-parole adjoint des Nations unies à New York, Farhan Haq, a souligné que “la doctrine persona non grata ne s’applique pas au personnel de l’ONU”. “Les Nations unies ne sont pas un Etat et leur personnel n’est pas accrédité auprès des Etats où il est déployé, mais travaille sous la seule responsabilité du Secrétaire général” de l’ONU, a-t-il rappelé.

L’ONU a toutefois annoncé qu’elle comptait “nommer en temps voulu un nouveau représentant spécial pour la Somalie et chef de la Manusom”.

(Le JD avec agences)