SOS Méditerranée et MSF reprennent la mer

SOS Méditerranée et Médecins sans frontières ont repris la mer jeudi 18 juillet pour secourir les migrants naufragés, malgré le refus des ports européens d’accueillir les bateaux humanitaires.

L’Ocean Viking (Photo : SOS Méditerranée)

L’Ocean Viking, battant pavillon norvégien, se dirige “vers la Méditerranée pour mener une nouvelle campagne de recherches et de secours en Méditerranée centrale” – devenue la route migratoire maritime la plus meurtrière au monde -, a indiqué SOS-Méditerranée.

“Le bateau va patrouiller en Méditerranée centrale, d’où provient le plus grand nombre d’appels de détresse, mais sans jamais entrer dans les eaux territoriales libyennes”, a précisé Frédéric Penard, directeur des opérations de SOS Méditerranée.

“Notre présence en mer, c’est pour sauver des vies. On espère que les Etats vont nous comprendre et se joindre à nous, car il n’y a pas d’autre solution en Méditerranée centrale”, insiste M. Penard.

Au moins 426 personnes sont mortes en tentant de traverser la Méditerranée depuis le début de l’année, selon le Haut-commissariat aux réfugiés (HCR) et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Au terme de près de trois ans en mer, l’Aquarius, précédent bâtiment de SOS Méditerranée qui a secouru 30.000 migrants naufragés, avait été contraint de cesser ses activités en décembre dernier, successivement privé de son pavillon de Gibraltar puis de Panama.

La nouvelle campagne démarre un mois après l’arrestation du Sea-Watch 3, bâtiment affrété par l’ONG allemande Sea-Watch, et de sa capitaine Carola Rackete en Sicile, véritable avertissement des autorités italiennes aux humanitaires qu’elles accusent d’encourager les départs vers l’Europe.

Coordination libyenne “chaotique”

Depuis que “la coordination des secours en mer a été confiée par l’Union européenne aux autorités libyennes, qui n’ont pas tous les moyens de le faire, cette coordination est chaotique, les appels ne sont pas relayés. L’enjeu pour nous était d’avoir une vraie capacité de recherches car on sait que les alertes tombent moins des centres officiels”, a expliqué Frédéric Penard, précisant que l’organisation cherchait un nouveau navire “depuis sept mois”.

Selon Sam Turner, chef de mission pour les opérations de MSF en mer et en Libye, les responsables européens “ferment sciemment les yeux sur la crise humanitaire que ces politiques perpétuent en Libye et en mer”.

Pour MSF, “les gouvernements européens violent leurs obligations légales et les principes humanitaires auxquels ils se sont engagés en accroissant leur support aux garde-côtes libyens pour renvoyer de force les personnes vulnérables en Libye”.

Une clinique médicale à bord

L’Ocean Viking, long de 69 m sur 15 m de large, a été construit en 1986 pour l’assistance aux plateformes pétrolières en Mer du Nord.

Il est entièrement équipé pour effectuer des opérations de secours en mer avec quatre bateaux de sauvetage à grande vitesse, ainsi qu’une clinique médicale avec des salles de consultation, de triage et de récupération, décrit MSF. Le navire peut accueillir jusqu’à 200 rescapés à bord.

L’équipe MSF chargée des besoins médicaux et humanitaires pour les personnes secourues se compose de neuf personnes: quatre soignants (un médecin, deux infirmiers, une sage-femme), un logisticien, un médiateur culturel, un responsable des affaires humanitaires, un responsable de la communication et un coordinateur de projet.

L’équipe de SOS Méditerranée, en charge des opérations de recherche et de sauvetage, est composée de 12 personnes et est dirigée par un coordinateur des secours. Neuf autres personnes font partie de l’équipage du navire.

Chaque journée de mer coûte 14.000 euros, rappelle SOS Méditerranée qui appelle aux dons. (Le JD avec agences)

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