Syrie : La Russie impose une réduction drastique de l’aide

La Russie a imposé au Conseil de sécurité de l’ONU une réduction drastique de l’aide humanitaire transfrontalière apportée à la population syrienne, en limitant à deux les points d’entrée.

Distribution de vivres en Syrie (Photo : CICR/Archives)

La résolution adoptée vendredi 10 janvier supprime les points de passage situés sur les frontières avec la Jordanie (à Al-Ramtha, inutilisé depuis longtemps) et avec l’Irak, à Al Yarubiyah, par lequel transitait une importante aide médicale au profit d’1,3 million d’habitants du nord-est syrien.

Elle n’autorise que deux points d’entrée: Bab al-Salam et Bab al-Hawa, en Turquie.
En outre, cette autorisation transfrontalière, renouvelée jusqu’à présent annuellement par l’ONU, et qui expirait le jour même, sera réétudiée dans six mois.

“Des Syriens vont mourir”

La Belgique, l’Allemagne et la France ont déploré “la réduction de la portée” de l’autorisation. “Onze millions de Syriens ont besoin d’une assistance humanitaire”, a rappelé l’ambassadeur belge à l’ONU, Marc Pectseen de Buytswerve.

“Des Syriens vont mourir avec cette résolution”, a estimé son homologue américain, Kelly Craft. “C’est une réponse inadéquate pour le peuple syrien”, a renchéri l’ambassadrice britannique, Karen Pierce.

Le recul des Occidentaux face à la Russie, qui était “en position de force” dans la négociation, selon les termes d’un diplomate, permet de sauver le mécanisme d’aide transfrontalière internationale même si ce dernier est réduit considérablement.

S’affranchissant de tout aval de Damas, cette aide est notamment vitale pour près de 3 millions de Syriens reclus dans la région d’Idleb (nord-ouest) où les combats et bombardements ont redoublé depuis quelques semaines.

“Atteinte à la souveraineté”

Avec cette importante réduction de l’autorisation transfrontalière, la Russie veut faire reconnaître la reprise de contrôle de Damas depuis un an sur le territoire syrien, selon des diplomates. Moscou considère que l’autorisation transfrontalière est “une atteinte à la souveraineté, et c’est une réalité”, concède l’un d’eux sous couvert d’anonymat.

Dans un communiqué diffusé par ses services, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, en prenant note de la décision du Conseil de sécurité, a souligné vendredi soir “l’importance d’un accès humanitaire durable, sans entrave et sûr à tous les civils dans le besoin” en Syrie. (AFP)

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