Tchad : Les législatives repoussées au premier trimestre 2020

La Commission électorale indépendante (Céni) du Tchad a annoncé jeudi 3 octobre que les législatives se dérouleraient dans le courant du premier trimestre 2020, enterrant la promesse du chef de l’Etat de tenir en 2019 ce scrutin régulièrement reporté.

Le président Idriss Déby Itno avait promis en juillet que ces élections, qui auraient dû se dérouler en 2015 selon la Constitution, auraient lieu avant la fin de l’année.

Mais la Céni projette “l’horizon temporel réaliste de l’organisation des élections législatives au premier trimestre 2020”, a affirmé son président, Kodi Mahamat, lors d’un point presse.

Même avec ce report, l’élection reste dépendante du “financement des opérations électorales”, a prévenu M. Mahamat, qui appelle à l’“appui” des “partenaires techniques et financiers” du Tchad.

Fichier électoral

L’opposition, qui avait déjà fait savoir qu’elle ne tenait pas à des élections avant la fin de cette année, a aussitôt exhorté le gouvernement à prendre plus de temps, pour les organiser dans des conditions optimales.

Mahamat Ahmat Alabo, secrétaire général du Parti pour les libertés et le développement (PLD), émet plusieurs conditions dont “la levée de l’état d’urgence dans les trois provinces” de l’est, le Ouaddaï et le Sila, théâtres d’affrontements meurtriers entre cultivateurs et éleveurs, et dans celle du Tibesti, dans le nord, repaire de groupes rebelles et d’orpailleurs illégaux.

M. Alabo souligne également la nécessité d’effectuer “l’enrôlement des jeunes, qui n’a pas été fait depuis 2016” et le “nettoyage du fichier électoral”, deux tâches difficiles à mener à bien avant le premier trimestre 2020.

“Elections bâclées”

“On s’achemine vers des élections bâclées”, a renchéri Succès Masra, président du mouvement politique Les Transformateurs. Cette jeune figure montante de l’opposition trouve complexe d’engager un “dialogue national” en plein état d’urgence.

“On a attendu quatre ans sans élections, on peut bien attendre au minimum huit mois pour organiser les élections dans de meilleures conditions”, tranche-t-il.

Depuis 2011, l’Assemblée nationale, largement dominée par la majorité présidentielle, est restée la même.

Pour justifier les reports successifs du scrutin, M. Déby, au pouvoir depuis près de 30 ans après un coup d’Etat en 1990, a invoqué la menace terroriste de Boko Haram – le groupe jihadiste nigérian qui multiplie les attaques meurtrières dans l’ouest depuis 2015 – et des difficultés financières. (Agences)

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