Trump rompt avec l’OMS

Le président américain a mis à exécution sa menace de couper les ponts avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qu’il accuse de complaisance envers Pékin.

Le président américain Donald Trump (Photo : Xinhua/Archives)

Le président américain a annoncé vendredi “mettre fin à la relation” entre son pays et l’OMS, qu’il accuse depuis le début de la pandémie de se montrer trop indulgente avec la Chine, où le coronavirus est apparu en décembre avant de se répandre sur la planète.

“La Chine a un contrôle total sur l’Organisation mondiale de la santé, même si elle ne paie que 40 millions de dollars par an par rapport à ce que les Etats-Unis ont payé, ce qui représente environ 450 millions de dollars par an. Nous avons détaillé les réformes qu’elle doit faire et nous sommes engagés directement avec eux, mais ils ont refusé d’agir”, a-t-il estimé.

Les Etats-Unis, qui sont traditionnellement les premiers bailleurs de fonds de l’agence onusienne, vont “rediriger ces fonds vers d’autres besoins de santé publique urgents et mondiaux qui le méritent”, a-t-il déclaré à la presse.

Le président américain a renouvelé ses accusations, estimant que les autorités chinoises avaient fait pression sur l’OMS depuis le début de l’épidémie pour qu’elle induise en erreur le monde entier lorsque le virus a été découvert par les autorités chinoises. Il a aussi estimé que l’organisation n’avait pas procédé aux réformes qu’il avait demandées au début du mois.

“Parce qu’ils ont échoué à faire les réformes nécessaires et requises, nous allons mettre fin aujourd’hui à notre relation avec l’Organisation mondiale de la Santé”, a-t-il indiqué.

Réactions européennes

L’Union européenne a réagi samedi, appelant Washington à reconsidérer sa décision et appelant à la solidarité face au coronavirus.

“La coopération et la solidarité mondiales par le biais d’efforts multilatéraux sont les seuls moyens efficaces et viables de gagner cette bataille à laquelle le monde est confronté”, ont déclaré la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le chef de la diplomatie de l’UE, Josep Borrell.

L’Allemagne, qui prend le 1er juillet la présidence tournante de l’UE, a jugé que la décision de Donald Trump constituait “un sérieux revers pour la santé mondiale”.

Soulignant toutefois la nécessité de réformer l’institution, le ministre allemand de la Santé, Jens Spahn, a insisté sur le fait que l’Union européenne devait “s’engager plus” financièrement et que la question devait être l’une des priorités de l’Europe.

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